10 ans archevêque de Québec: Entrevue avec le cardinal Gérald C. Lacroix

Crédit photo ECDQ

Article tiré de la revue Pastorale-Québec, mai-juin 2021

Propos recueillis par René Tessier

Q: Bonjour, M. le Cardinal. Félicitations pour vos 10 années à la tête de l’Église catholique de Québec. D’ailleurs, si je ne m’abuse, ça fait 10 ans exactement aujourd’hui (25 mars) ?

R: Oui, merci. En effet, c’est le 25 mars 2011 que j’ai inauguré mon ministère comme archevêque, au Pavillon de la jeunesse à Expo-Cité. Et ces dix années ont passé tellement vite; j’ai l’impression parfois que ça fait à peine deux ans…

Q: En dix ans, beaucoup de choses se sont passées, de nombreux changements sont survenus ?

R: Oh oui ! Vous savez, je suis monté dans un train déjà en marche depuis 340 ans. Je me suis retrouvé, parfois à l’avant pour guider et inspirer l’Église diocésaine, parfois au milieu pour écouter le peuple de Dieu et partager sa vie, parfois à l’arrière pour m’assurer que rien ni personne n’était oublié dans l’aventure. Pendant ces 10 années, je vois que nous avons avancé ensemble sur les chemins de la mission, avec des transformations inévitablement. Nous avons surtout cherché ensemble comment annoncer plus et mieux l’Évangile. Déjà après un an, nous donnions des orientations pour aller vers des regroupements — vous vous souvenez des communions de communautés ? Sur six ou sept ans, nous avons regroupé des entités administratives, dans le but de nous dégager pour la mission. Nos gens ont travaillé fort : il s’est tenu 110 réunions dans ce but. Et nous avons reçu ce que les milieux nous proposaient. Dans 27 des 29 milieux, les choses se sont réglées d’emblée. Pour les deux autres, il a fallu y retourner pour favoriser une décision. Vous savez : au départ, certaines personnes pouvaient croire que tout état décidé à l’avance, mais elles ont bien réalisé que ce n’était pas le cas.

Q: Et maintenant, vous prônez un partage plus large de la charge pastorale, comme une sorte de 2e étape ?

R: Une 2e vague, oserais-je dire. Toujours dans le même but : pour que nous puissions nous concentrer encore davantage sur la mission. Des milieux qui s’ignoraient hier encore ont commencé à collaborer activement. Ce nouveau partage de la charge pastorale veut, lui aussi, nous permettre d’être plus missionnaires.

Q: Une insistance qu’on a pu remarquer facilement dans votre apostolat, c’est toute l’importance accordée à la Parole de Dieu, écoutée et reçue en groupes…

R: C’est une de mes grandes fiertés. Désormais, toutes nos réunions commencent avec un partage de la Parole, et on prend le temps de le faire : entre 20 et 30 minutes. La mise en place des maisonnées dans notre diocèse m’a procuré beaucoup de joie : pas moins de 125 nouvelles équipes. Ça se situe parfaitement dans la ligne de l’énoncé de notre vision diocésaine : proposer ou renouveler la rencontre personnelle avec le Christ pour former des communautés de disciples-missionnaires. Cet énoncé, nous avons pris le temps d’y travailler à plusieurs personnes, nous l’avons prié ensemble, nous nous sommes écoutés les uns les autres… Tous nos lancements d’année pastorale se sont aussi vécus dans cette ligne. D’ailleurs, les équipes avec lesquelles je travaille depuis 10 ans m’impressionnent vraiment. Ensemble, nous sommes un peuple en marche. Certes, parfois la barque de notre Église est battue par les vagues, comme dans ce célèbre passage de l’Évangile. Mais, alors, le Christ est là à nos côtés.

Q: Dans cette veine, vous avez initié les Célébrations dominicales de la Parole (CDP), il y a cinq ans déjà…

R: Je porte profondément la préoccupation de communautés qui cesseraient de se rassembler le dimanche. La communauté chrétienne, c’est comme une famille : si on cesse de se réunir, de se voir régulièrement, forcément la famille ou la vie de famille va s’effriter. Bien entendu, idéalement, ce serait toujours autour de l’Eucharistie que nous nous retrouverions le dimanche; mais force est d’admettre que ce n’est plus possible dans toutes nos églises et que ce le sera de moins en moins dans les années qui viennent. Les CDP donnent aussi l’opportunité à des laïcs de découvrir qu’ils peuvent partager la Parole de Dieu avec d’autres, qu’ils peuvent animer la communauté chrétienne. Certes, on souffre de l’absence de la communion eucharistique, ce qui peut nous la faire désirer davantage encore. Entre-temps, nos petites paroisses ont bien besoin d’être soignées.

Q: Votre pratique pastorale en Colombie vous a peut-être quelque peu inspiré cette initiative ?

R: Vous savez, en Colombie, j’étais le seul prêtre pour 85 villages. J’ai pu voir comment la Parole de Dieu, porté et méditée par des laïcs, nourrit vraiment. Qui plus est, elle maintient vivante la communauté locale, celle que nous nous efforçons ici de vivifier. Pourtant, là-bas, dans ces 85 villages, il n’y avait que quatre ou cinq chapelles, les fidèles se réunissaient à l’école, dans les maisons ou même à l’extérieur sur une place publique. De nombreuses personnes laïques se sont découvertes capables d’approfondir la Parole de Dieu, jusqu’à en donner le goût à d’autres. Ce n’était pas égal partout mais il faut signaler plein de belles réussites.

Q: L’Église colombienne, vue d’ici, nous paraît très dynamique…

R: Elle est, je dirais, excessivement vivante, avec de nombreuses vocations religieuses. Il ne s’agit pas, avec les CDP ou autrement, de mettre le prêtre de côté, mais bien de montrer qu’on peut faire un bout de chemin sans lui. Et, à ce moment-là, quand il se présente, tous et toutes en sont très heureux, la célébration eucharistique fait l’objet d’une fête d’autant plus qu’elle reste exceptionnelle. Je constate donc qu’ici, nous n’avons pas encore parfaitement saisi la nécessité et l’importance du leadership local, qui est beaucoup plus qu’une simple suppléance. Car si tout repose uniquement sur les épaules de l’équipe pastorale, nous n’en sortirons pas…    

Q: « Être libérés des lourdeurs administratives, en vue de la mission », c’est une intuition très forte chez vous, depuis ces années-là, j’imagine?

R: Oui, c’est pourquoi je me réjouis des progrès accomplis. De plus en plus, nos paroisses se sont donné un directeur général ou une directrice générale pour assurer l’essentiel de la tâche administrative. Moi-même, ici aux Services diocésains, je n’ai pas signé un seul chèque en 10 ans! Bien entendu, je participe à des réunions avec le Conseil des affaires économiques et le Collège des consulteurs, je reçois les rapports et les avis des Services administratifs. Je crois surtout qu’il faut savoir faire confiance aux personnes que nous avons mandatées pour y voir. 

Q: Permettez-moi une transition : vous disiez tantôt que l’actuelle transformation était le fruit d’une « véritable démarche synodale ». Or, il y a aura bientôt un Synode des évêques, à Rome, qui portera précisément sur la synodalité de toute l’Église…

R: (En riant) Ah oui, un Synode des évêques ? Vraiment ? (Pause) Oui, je suis forcément au courant car je fais partie du Conseil ordinaire qui voit à la préparation des Synodes des évêques. J’ai déjà eu le privilège de participer à trois de ces Synodes : 2012 (sur l’évangélisation), 2015 (la famille dans le monde moderne) et 2018 (les jeunes dans la mission de l’Église). Dès son arrivée, le pape François nous a proposé une toute nouvelle approche, plus synodale justement : passer du simple ou traditionnel débat d’idées à un discernement solidaire, dans lequel on prend le temps d’écouter l’autre pour parvenir ensemble à des solutions communes. Nous avons pu constater un changement d’esprit dans nos réunions synodales. Prendre ce chemin avec lui me dynamise. Mgr Couture nous fait vivre déjà l’expérience d’un Synode diocésain; c’était un très bon début. Ce prochain Synode a été reporté en 2022, probablement en octobre. Il sera précédé, étape très importante, d’une consultation dans nos diocèses respectifs, laquelle permettra l’élaboration de l’Instrumentum Laboris, le document de base pour le travail au Synode. Nous avons donc, nous aussi, à nous écouter les uns les autres. Communion, participation, mission; tels sont les maîtres-mots de ce Synode qui arrive à point.

Q: On a pu aussi sentir, de votre part, un vif intérêt à relancer ce qu’on appelait naguère les Déjeuners de la prière, devenus les Déjeuners-témoignage ?

R: Le témoignage fait partie intégrante de l’évangélisation. Ça ressort particulièrement de la lecture des Actes des Apôtres, mais c’est une constante dans l’histoire de l’Église. Entendre un témoignage de vie, c’est merveilleux! Il faut l’essayer, l’expérimenter, pur se rendre compte à quel point des vies peuvent alors être transformées. Il s’agit de se laisser édifier.  

Q: Vers la fin de ces 10 ans, vous avez dû prendre un congé de maladie, au tout début de 2020, pour nous revenir le Mardi saint, 7 avril.

R: Quand j’ai été nommé, en 2011, j’ai réellement eu l’impression d’avoir de grands souliers à chausser, je ne me sentais pas à la hauteur. C’est un peu pourquoi je répète de temps en temps : « Dieu ne choisit pas des personnes déjà habilitées, Il rend capables celles qu’Il a choisies ». Je pense en être un bon exemple. J’ai pu compter sur l’aide d’une équipe formidable. Mais l’énorme responsabilité qui était devenue mienne m’a un peu détourné du souci de garder un équilibre de vie. Je n’ai pas suffisamment pris soin de moi, de ma santé, et les avertissements se sont multipliés. À l’évidence, j’étais beaucoup trop gras et cela inquiétait sérieusement mon médecin. Mon retrait de trois mois pour une chirurgie bariatrique était bien réfléchi et a été préparé intensément pendant les huit mois précédents. Par la suite, tout s’est bien passé. Je suis aujourd’hui convaincu d’avoir pris la bonne décision. Je me sens rajeuni de 20 ans et plus en mesure de faire face aux exigences de la mission. Je me suis donné des paramètres pour conserver un meilleur équilibre de vie. Notre corps et notre vie sont un cadeau du Seigneur; il nous faut en prendre soin. D’ailleurs, quand j’en ai parlé avec le pape François, il m’a exhorté à profiter de cette période pour me renouveler intérieurement. 

Q: Vous avez aussi montré, depuis dix ans, un fort souci pour la catéchèse et l’initiation chrétienne ?

R: Une fois qu’on a rencontré le Christ, il importe de murir dans la foi. Ça prend une formation à la vie chrétienne qui se vit en communauté; celle-ci ne comporte pas seulement — ni même d’abord — des connaissances, mais aussi et surtout une expérience qui est essentielle. Par ailleurs, nous avons mis à l’avant-plan la catéchèse aux adultes. Ainsi, nous voulons arriver avec la proposition d’une démarche qui inclue aussi bien la famille que les adultes. Remarquez : à cet égard, nombre de groupes et de mouvements religieux offrent déjà de très belles choses. Nous pouvons avoir des écoles de la foi, mais en oubliant le modèle scolaire, si nous voulons former une nouvelle génération de chrétiens. Quand, dans les paroisses, je félicite les responsables de la confirmation, par exemple, je réalise que, le plus souvent, ils n’ont rien de prévu pour la suite de cet événement. C’est malheureux : il nous faudrait aller de l’avant avec les familles et poursuivre le parcours de foi entrepris. C’est une de mes convictions : l’Évangile a encore beaucoup à nous apporter. Le Seigneur n’a pas fini de nous faire renaître. Présentement, toute notre Église traverse une période véritablement pascale : nous apprenons à mourir à certaines choses avant de renaître à une nouvelle vie. 

Q: Si nous retournons à votre ordination épiscopale (le 24-05-2009), alors que vous êtes devenu évêque auxiliaire de Québec, on peut dire que bien des choses ont changé ?

R: Sans doute, mais le rêve que j’ai alors exprimé dans mon mot de remerciement, lui, n’a pas changé. Je l’avais écrit seulement au matin de l’ordination, après une semaine de retraite. C’est resté le fil conducteur de mon action pastorale. (Voir l’encadré).

Q: Un mot sur l’avenir : vous devriez être encore à la barre de l’Église catholique de Québec pour 12 autres années (jusqu’à ses 75 ans) ?

R: Oui, encore 12 ans, si Dieu le veut et si le Pape l’autorise. Je pense sincèrement être toujours habité par la même passion. Et je prévois déjà faire face à d’autres transformations. Un peuple en marche, ça évolue continuellement. Lors du 350e anniversaire de notre Église diocésaine en 2024, nous allons célébrer certes notre histoire, mais pas avec nostalgie; nous en ferons plutôt un tremplin pour assurer et bâtir notre avenir. Vous savez, quand je regarde nos prédécesseurs, les vôtres et les miens, je me dis qu’à aucune époque ce ne fut tellement facile. Mgr de Laval a su fonder avec dynamisme, Mgr de Saint-Vallier a organisé l’Église diocésaine, Mgr de Lauberivière n’a passé que trois semaines en Nouvelle-France, Mgr Briand a dû relancer le tout après la Conquête anglaise, le cardinal Roy a dû opérer habilement dans les années du Concile… Dieu nous donne la force et les personnes qu’il faut pour avancer ensemble. Ainsi, moi aussi, je pourrai laisser en héritage ce que le Seigneur nous aura permis de réaliser. 

Q: Vous ne semblez pas trop inquiet, malgré un contexte de décroissance des effectifs et des moyens?

R: Moi, je n’ai vraiment pas l’impression de diriger une Église en décroissance. Tout dépend du regard que l’on porte sur elle. Prenez notre cathédrale : si on la regarde de l’extérieur, on ne la voit pas telle qu’elle est, on remarque surtout des murs épais, des fenêtres très sombres… Mais, de l’intérieur, c’est très différent : on voit alors des vitraux magnifiques, des éléments impressionnants. De même, la lumière de l’Eucharistie nous illumine, la vie en Église, dans l’Église, développe en nous un regard fraternel. C’est ce à quoi je veux, avec vous, continuer à convoquer les femmes, les hommes et les enfants qui vivent autour de nous.

Q: Et nous n’oublions pas de retourner à votre rêve, M. le Cardinal. Merci à vous pour ce temps.

Le rêve de Mgr Lacroix, énoncé le jour de son ordination épiscopale

(…) Nous sommes conscients (Mgr Lotie et lui) de la grande responsabilité que nous avons acceptée. Le Dieu qui nous appelle est le même qui soutient ceux et celles qu’Il appelle. C’est notre espérance.

(…) Je rêve d’être pasteur au sein d’une Église qui sera de plus en plus missionnaire et évangélisatrice.

Je rêve de milliers — pardon, de millions — d’hommes et de femmes qui feront la rencontre personnelle du Christ.

Je rêve d’une Église qui les rejoindra par 100 000 moyens.

Je rêve à un renouveau missionnaire, quand chaque personne baptisée vivra pleinement sa vocation et en témoignera avec cohérence au cœur du monde.

Je rêve d’une redécouverte de la Parole de Dieu, qui rendra nos cœurs tout brûlants pour vivre la mission, afin que toute personne découvre qu’elle est aimée follement par Dieu.

Je rêve à des surprises de l’Esprit, qui ouvriront de nouveaux sentiers, pour que Jésus soit mieux connu, aimé et servi.

Je rêve à un Dieu si proche, qui est toujours avec nous, à un peuple qui le supplie, comme les pèlerins d’Emmaüs: « Reste avec nous, Seigneur ».

Répétons-le ensemble: « Reste avec nous, Seigneur ! » 

Nomination au Service de la pastorale

Nous avons le plaisir de vous informer de la nomination, par l’Archevêque, de Monsieur Alexandre Gauvin, au poste de directeur adjoint au service de la pastorale.

Avec l’objectif d’assurer l’avenir et la relève institutionnelle au sein du Service de la pastorale, il travaillera en étroite collaboration avec l’actuelle directrice de ce service, madame Marie Chrétien. Il entrera en fonction en août prochain.

Alexandre détient une grande expérience en pastorale paroissiale dans notre diocèse. Depuis près de quatorze ans, il a agi comme animateur de pastorale paroissiale à titre d’agent de pastorale dans l’unité Desjardins – Chutes-Chaudière aux paroisses de Saint-Joseph-de-Lévis, Saint-Nicolas-de-Lévis et Saint-Jean-L ’Évangéliste.

C’est donc avec enthousiasme que nous l’accueillons dans l’équipe du Service de la pastorale. Ses nombreux talents, sa créativité, sa foi bien enracinée et son expérience seront autant d’atouts pour nous aider dans la poursuite du tournant missionnaire que nous avons entrepris depuis quelques années.

Nous vous ferons connaître dès que possible le nouveau partage des tâches et responsabilités au sein de l’équipe.

Nous vous remercions à l’avance de l’accueil et de la collaboration que vous accorderez à ce nouveau partenaire pour la mission!

Marie Chrétien
Directrice du Service de la Pastorale

L’Église catholique de Québec renforce sa politique d’accueil des victimes d’abus sexuels

L’Église catholique de Québec franchit une nouvelle étape dans la mise en œuvre de son plan d’action pour la protection des personnes mineures ou vulnérables, en publiant une nouvelle version entièrement mise à jour de son Protocole diocésain d’intervention en cas d’allégation d’inconduite sexuelle.

Ce Protocole détermine comment dénoncer une inconduite sexuelle de la part d’un représentant ou une représentante de l’Église, de quelle façon les plaintes sont traitées et surtout, comment sont accompagnées les personnes qui font un signalement. « C’est un devoir pour l’Église de prendre soin des personnes qui ont été meurtries dans leur corps et leur âme, parfois arrachées à leur foi en Dieu, blessées dans leur estime de soi et leur dignité, et c’est encore un devoir de chercher à rétablir la justice envers elles », n’hésite pas à exprimer le cardinal Gérald C. Lacroix, archevêque de Québec.

Mgr Marc Pelchat, évêque auxiliaire à Québec, responsable du Comité diocésain pour la protection des personnes mineures ou vulnérables, explique que la mise à jour du Protocole s’inscrit dans une démarche plus globale : « Nous sommes à mi-chemin de la mise en œuvre d’un plan d’action sur cinq ans, et c’est avec détermination que nous réalisons des avancées concrètes, mois après mois. Notre but : contrer les abus sexuels et soutenir les victimes. »

La présentation de ce grand chantier diocésain et du nouveau Protocole sont disponibles sur le site web diocésain :  www.ecdq.org/proteger-les-personnes-mineures-ou-vulnerables.

Nouveautés ajoutées au Protocole

Le diocèse de Québec s’est doté en 1990, il y a maintenant plus de 30 ans, d’un Protocole pour le traitement des allégations d’inconduite sexuelle. Celui-ci a déjà été mis à jour à quelques reprises, en 2005, 2013 et maintenant 2021. La refonte annoncée aujourd’hui va davantage en profondeur en tenant compte de l’expérience acquise et des développements de la législation canonique et civile.

C’est ainsi que l’équipe du diocèse de Québec a élaboré et enrichi son Protocole à partir d’une expérience de trois décennies, en plus d’intégrer les recommandations adoptées en 2018 par la Conférence des évêques catholiques du Canada. Quelques nouveautés à souligner : les responsabilités des personnes intervenant dans le processus d’accueil et d’analyse des allégations sont davantage détaillées. Les différentes étapes du traitement des allégations sont aussi expliquées en détail. On retrouve également davantage d’informations sur les droits des personnes plaignantes.

 

Depuis trente ans au sein du diocèse de Québec, c’est le Comité-conseil qui accueille et accompagne les personnes, documente les allégations rapportées et formule à l’Archevêque des recommandations d’action. Compassion, reconnaissance de l’expérience douloureuse vécue et interventions adaptées à la situation unique vécue par chaque personne victime d’abus représentent les piliers de ses interventions.

Pour le rejoindre, afin de signaler une possibilité d’abus sexuel de la part d’un prêtre, d’un diacre, d’un agent ou agente de pastorale, d’un ou une bénévole en Église, voici les coordonnées : 581 316-2010, assistance@ecdq.org.

 

Nouveau système de signalement des évêques

Le Protocole intègre aussi le nouveau système de signalement relatif au comportement des évêques, lancé aujourd’hui par la conférence des évêques catholiques canadiens. Le Système canadien de signalement des abus sexuels commis ou dissimulés par un évêque catholique est un service national bilingue pour signaler les situations d’abus sexuels commis ou dissimulés par un évêque.

Parrainé et financé par les évêques du Canada, ce service renforce leur engagement à l’égard de la responsabilité, de la reddition de comptes et de la transparence en matière d’abus sexuels commis par le clergé, et celui de faciliter davantage la guérison et la justice pour les victimes et survivants.

Il fonctionne sur une plateforme confidentielle et sécurisée, conçue par ClearView Strategic Partners. Les personnes souhaitant signaler un événement peuvent accéder au système de signalement en ligne (SystemedeSignalementEpiscopal.ca) ou via un numéro sans frais (1-866-892-3737) de n’importe où au Canada, 24 heures par jour, 7 jours par semaine, 365 jours par année, en anglais ou en français. Plus de détails sur www.ecdq.org/proteger-les-personnes-mineures-ou-vulnerables.

 

Protocole diocésain d’intervention en cas d’allégation d’inconduite sexuelle

L’Église catholique de Québec s’est dotée en 1990 d’un protocole pour le traitement des allégations d’inconduite sexuelle. Celui-ci a été mis à jour à quelques reprises (2005, 2013, 2021). Voici la plus récente mouture de cet outil précieux.

À quoi sert ce protocole? À expliquer clairement comment vous pouvez dénoncer une inconduite sexuelle de la part d’un représentant ou une représentante de l’Église, et de quelle façon votre plainte sera traitée. Dans notre diocèse, c’est le Comité-conseil qui accueille et accompagne les personnes souhaitant faire un signalement.

La définition de l’inconduite sexuelle est très large et peut inclure, par exemple, les relations sexuelles consenties et non consenties. Elle cible les personnes mineures au moment des faits de même que les adultes « vulnérables ». En cas de doute, il ne faut jamais hésiter à signaler un cas d’inconduite.

Ce protocole ne remplace pas les processus de justice civile et criminelle. Il décrit les processus complémentaires, internes à l’Église catholique de Québec, pour assumer ses responsabilités au regard des situations liées aux abus sexuels survenues en son sein.

Pour consulter le protocole entier:

Protocole diocésain d’intervention en cas d’allégation d’inconduite sexuelle

Les grandes lignes du protocole
Qui accueillera et traitera votre signalement?

Le Comité-conseil

  • Comité indépendant formé de bénévoles aux expertises complémentaires;
  • Le comité accueille et accompagne les personnes, documente les allégations rapportées et formule à l’Évêque des recommandations d’action.

La déléguée de l’Évêque

Dr Danielle Saucier, médecin de famille, est déléguée par l’Évêque pour présider le Comité-conseil.

Évêque auxiliaire à Québec

Mgr Jean Tailleur est l’autorité décisionnelle pour le traitement des situations, il détermine les actions à poser.

Ce processus de traitement des plaintes est disponible en complément avec les moyens que l’Église catholique de Québec s’est donnés pour prévenir les abus sexuels ou pour donner de la formation à ses membres sur ce sujet délicat.

Le Comité diocésain pour la protection des personnes mineures ou vulnérables

  • Présidé par l’évêque auxiliaire Jean Tailleur, le comité met en œuvre le plan d’action diocésain pour la protection des personnes mineures ou vulnérables;
  • Ce comité n’est pas impliqué dans le traitement des plaintes;
  • Une équipe de communication informe la communauté diocésaine et le grand public sur le sujet de la protection des personnes mineures ou vulnérables.

Les étapes du traitement de votre signalement

1

Signalement

  • Signalez une possibilité d’abus sexuel de la part d’un prêtre, d’un diacre, d’un agent ou agente de pastorale, d’un ou une bénévole en Église : ligne d’assistance diocésaine : 581 316-2010, assistance@ecdq.org
    • Si vous signalez un abus commis récemment (ou en cours) sur une personne mineure,communiquez directement avec la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ) : 1 800 463-4834. Puis, communiquez avec la ligne d’assistance diocésaine.
  • Signalez une possibilité d’abus sexuel – ou l’absence d’intervention des autorités dans la gestion d’un cas présumé d’abus – impliquant un évêque au Canada : 1-866-892-3737, http://www.systemedesignalementepiscopal.ca
  • Si l’évaluation des événements en cause relève d’une autorité autre que l’Église catholique du diocèse de Québec, tels un autre diocèse ou une communauté religieuse, on vous écoutera et vous orientera vers la ressource pertinente.

2

Comité-conseil

  • On vous contacte rapidement et avec discrétion; le souci de confidentialité est présent à toutes les étapes de l’intervention qui suit;
  • Vous êtes accueilli(e) avec compassion et respect, en s’assurant qu’aucun préjudice ne peut vous être causé à cause de votre prise de parole;
  • Vous participez à une rencontre d’exploration, habituellement avec deux membres du Comité-conseil;
  • Vous êtes encouragé(e) à exercer votre droit de dénoncer aux autorités civiles;
  • À noter que les dénonciations anonymes peuvent être accueillies, mais sont plus difficiles à analyser.
  • Le Comité-conseil effectue une évaluation adaptée à la situation et procède à une première analyse de celle-ci.

3

Rapport initial à l’Évêque

  • La Déléguée (présidente du Comité-conseil) présente à l’Évêque la situation, et la première analyse effectuée par Comité-conseil;
  • L’Évêque évalue si, par précaution, des mesures préliminaires doivent être prises sur le champ concernant la personne dénoncée.

4

Analyse et traitement du signalement

  • L’Évêque convient avec la Déléguée des suites à donner, d’une façon adaptée à chaque situation : complément d’évaluation, actions à prendre, etc.;
  • Si elle est vivante, la personne dénoncée sera rencontrée par le Comité-conseil, pour l’informer du signalement reçu, recueillir sa version des faits et l’informer des suites à venir. La protection de la personne plaignante fait partie des préoccupations du Comité-conseil et de l’Évêque à cette étape.
  • Le Comité-conseil complète son évaluation, en fait rapport à l’Évêque, et présente ses recommandations.
  • L’Évêque décide des actions définitives à prendre, en fonction de ces conclusions. Il voit à la mise en œuvre de ses décisions, par lui-même ou avec l’aide des Services diocésains concernés.
  1. En cas de conclusion à une allégation jugée vraisemblable concernant une personne mineure ou vulnérable à l’époque des faits et impliquant une personne dénoncée encore vivante : l’Archevêque met en route une enquête préliminaire officielle, menée par le Service du Droit diocésain selon les normes de l’Église catholique universelle. Des mesures disciplinaires seront imposées à la personne reconnue éventuellement coupable d’inconduite sexuelle. Cette démarche ne se substitue pas à une éventuelle enquête policière menant à un procès criminel.
  2. En cas de conclusion à une allégation jugée vraisemblable mais concernant une personne adulte, sans rencontrer les critères de « vulnérabilité », des mesures disciplinaires peuvent être prises envers la personne dénoncée qui aurait eu des comportements jugés inappropriés pour un clerc ou une personne en autorité pastorale.
  3. En cas de conclusion à une allégation peu vraisemblable : la personne ayant déposé l’allégation sera informée par le Comité-conseil de cette conclusion. Une note sera versée au dossier professionnel de la personne mise en cause.

Assistance à la personne plaignante > à chaque étape du processus

  • Le Comité-conseil vous accompagnera tout au long de l’évaluation du traitement des allégations déposées, jusqu’à la conclusion du travail diocésain qui en découlera. Compassion, validation de l’expérience douloureuse vécue et interventions adaptées à la situation unique de chacun représentent les piliers de ses interventions. L’aide apportée peut prendre différentes formes, en particulier une assistance psychologique ou spirituelle.
  • L’Évêque est soucieux, dans ces situations toujours délicates impliquant des membres de l’Église tant chez les victimes que chez les agresseurs, d’accorder une attention prioritaire aux victimes blessées par ces actes inacceptables, en veillant à ce qu’elles soient accueillies et écoutées, accompagnées et soutenues : « C’est un devoir pour l’Église de prendre soin des personnes qui ont été meurtries dans leur corps et leur âme, parfois arrachées à leur foi en Dieu, blessées dans leur estime de soi et leur dignité, et c’est encore un devoir de chercher à rétablir la justice envers elles.»

Système canadien de signalement des abus sexuels commis ou dissimulés par un évêque

Le Système canadien de signalement des abus sexuels commis ou dissimulés par un évêque catholique a été établi par les évêques du Canada comme suite à la lettre apostolique du pape François, Vos estis lux mundi (Vous êtes la lumière du monde). Il constitue une autre étape de l’engagement constant des évêques envers la protection des personnes mineures ou vulnérables.

La divulgation d’une expérience d’abus sexuels peut être très dérangeante et profondément douloureuse; toutefois, elle peut aussi être un pas important vers la guérison et la justice pour les victimes et survivants, et elle est nécessaire pour l’Église dans son engagement à la responsabilité, à la reddition de comptes et à la transparence.

Les abus sexuels ou autres actes d’inconduite sexuelle commis par un évêque, ou dont les actions ou les omissions visaient à entraver ou à éluder des enquêtes civiles ou canoniques relatives à des abus sexuels, peuvent être signalés aux autorités de l’Église au moyen du Système canadien de signalement des abus sexuels commis ou dissimulés par un évêque catholique. Ce système de signalement utilise une plate-forme confidentielle et sécurisée conçue par ClearView, un cabinet indépendant d’éthique professionnelle établi au Canada, pour transmettre votre rapport aux autorités compétentes de l’Église, qui agiront ensuite comme l’exige le droit ecclésiastique et civil.

Faites votre rapport en ligne sur la plate-forme hautement sécurisée et strictement confidentielle de ClearView.

https://bishopreportingsystem.ca/fr/

Faites votre rapport par téléphone en appelant le numéro de téléphone pancanadien sans frais, accessible 24 heures par jour, maintenu par un agent ou agente bilingue de ClearView. Tous les agents et agentes de ClearView ont la formation requise pour donner un compte rendu mot à mot de votre rapport.

1-866-892-3737

Vous voudrez peut-être aussi communiquer avec les autorités civiles, et vous êtes tenu de le faire si une personne mineure est en danger, en vertu des lois de chaque province ou territoire du Canada. Voir Lois et politiques provinciales et territoriales sur la protection des enfants – 2018, de l’Agence de la santé publique du Canada, Tableau 6, Obligation de signaler.

Si votre préoccupation concerne tout autre genre d’inconduite de la part d’un évêque, ou si votre rapport concerne des abus sexuels commis par un prêtre, un diacre, une personne consacrée ou un membre du personnel de pastorale ayant reçu un mandat officiel, veuillez communiquer avec nous via notre ligne diocésaine d’assistance :

581 316-2010
assistance@ecdq.org

Si votre rapport concerne le Nonce apostolique actuel ou un ancien Nonce au Canada, veuillez communiquer également avec notre diocèse, pour obtenir de l’aide pour signaler l’incident à la Secrétairerie d’État du Saint-Siège.

Système canadien de signalement des abus sexuels commis ou dissimulés par un évêque catholique – Foire aux questions (FAQ)

Au sujet du Système canadien de signalement des abus sexuels commis ou dissimulés par un évêque catholique

1. Question : Quels genres de rapports peut-on faire avec ce service, et contre qui?

Le Système canadien de signalement des abus sexuels commis ou dissimulés par un évêque catholique peut être utilisé pour informer les autorités de l’Église au sujet d’un évêque catholique au Canada qui a commis des abus sexuels ou d’autres actes d’inconduite sexuelle (p. ex., harcèlement sexuel ou possession de pornographie juvénile), ou dont les actions ou les omissions ont visé à éviter ou à entraver des enquêtes civiles ou canoniques relatives à des abus sexuels.

Un rapport peut être déposé concernant un évêque dans l’une des catégories suivantes :

  1. les évêques catholiques romains (latins) au Canada, tant actifs que retraités, ainsi que ceux qui ont été actifs au Canada, mais qui vivent maintenant hors du pays; et
  2. les évêques éparchiaux des trois Églises orientales suivantes qui sont présentes au Canada figurent également dans la liste du système de signalement : l’évêque éparchial des Arméniens catholiques au Canada et aux États-Unis; l’exarque apostolique des syro-catholiques au Canada; l’évêque éparchial des catholiques maronites du Canada.

2. Question : Quels rapports ne peuvent pas être faits par l’entremise de ce système?

Une inconduite de la part des personnes suivantes ne peut pas être signalée par l’entremise de ce système et devrait plutôt être signalée au diocèse ou à l’éparchie où l’incident a eu lieu :

  1. un prêtre, un diacre, une personne consacrée (frère ou sœur) ou un membre laïc du personnel de pastorale ayant reçu un mandat officiel (remarque : si vous signalez une personne consacrée, vous devriez aussi communiquer avec le Supérieur ou la Supérieure de la communauté religieuse); ou
    1. un évêque catholique romain (latin) ou éparchial qui est décédé; ou
    2. un évêque éparchial (actif ou retraité) autre que ceux qui sont énumérés dans le système.

Toute autre plainte à propos d’un évêque, qui n’est pas liée à la perpétration ou à la dissimulation d’abus sexuels, ne peut être signalée dans ce système (p. ex., une insatisfaction quant à la manière dont l’évêque exerce sa gouvernance pastorale du diocèse, ou quant à sa nomination de prêtres, de diacres, d’agents ou d’agentes de pastorale, ou une opposition à la fermeture d’une église, etc.

3. Question : Si je ne me souviens pas du nom de l’évêque, puis-je quand même soumettre un rapport?

L’une des étapes à suivre pour soumettre un rapport par l’entremise de ce système exige que la personne qui fait le rapport identifie par son nom l’évêque visé par le rapport. Sans nom, le rapport ne peut pas être traité. Pour aider la personne qui fait le rapport, le système inclut une liste des évêques contre qui une plainte peut être déposée en utilisant ce système.

Si l’évêque en question n’est pas sur cette liste, il peut soit être décédé, soit appartenir à une éparchie qui ne participe pas au système. Si vous êtes aux prises avec un tel problème, communiquez avec le diocèse ou l’éparchie où l’incident a eu lieu pour obtenir de l’aide.

4. Question : Quels renseignements devraient être inclus dans un rapport?

Les personnes seront invitées à fournir tous les détails sur l’incident signalé dont ils peuvent se souvenir, tels que des indications relatives au temps et au lieu des faits, les personnes impliquées ou informées, ainsi que toute autre circonstance qui pourrait être utile pour assurer une évaluation précise des faits.

5. Question : Pourquoi le Système canadien de signalement des abus sexuels commis ou dissimulés par un évêque catholique a-t-il été établi?

L’établissement de ce système de signalement fait suite à l’article 2 de la lettre apostolique de 2019 du pape François, Vos estis lux mundi (Vous êtes la lumière du monde). Il s’inscrit également dans la priorité pastorale constante des évêques du Canada de prévenir les abus sexuels, comme stipulé dans la publication de 2018 de la CECC, Protection des personnes mineures contre les abus sexuels : Appel aux fidèles catholiques du Canada pour la guérison, la réconciliation et la transformation. Le système de signalement constitue une autre étape importante vers la guérison et la justice pour les victimes et survivants dans le cadre de l’engagement toujours plus profond de l’Église catholique à la responsabilité, à la reddition de comptes et à la transparence.

6. Question : Comment ce nouveau système s'intègre-t-il dans les protocoles diocésains ou éparchiaux existants pour le signalement des abus sexuels commis par des membres du clergé (p. ex., prêtres, diacres), des religieux et des religieuses?

Dans le cadre d’un programme existant de ministère responsable ou d’environnement sécuritaire, les évêques du Canada ont déjà établi des protocoles dans leurs diocèses et éparchies respectifs pour répondre aux signalements d’abus sexuels ou d’actes d’inconduite sexuelle commis par des membres du clergé (p. ex., prêtres et diacres), des religieux, des religieuses et des agentes et agents laïcs de pastorale ayant un mandat officiel.

Ces protocoles diocésains concernant un signalement d’abus commis par un membre du clergé, un religieux, une religieuse ou une agente ou un agent laïc de pastorale ayant un mandat officiel demeureront en vigueur en plus de l’introduction de ce nouveau système national de signalement qui suit un protocole défini pour les signalements concernant un évêque catholique au Canada qui a commis des abus sexuels ou des actes d’inconduite sexuelle ou dont les actions ou les omissions visaient à entraver ou à éluder des enquêtes civiles ou canoniques relatives à des abus sexuels.

Qu’est-ce qui arrive à votre rapport?

7. Question : Ma vie privée sera-t-elle respectée?

ClearView (un cabinet indépendant d’éthique professionnelle)* a élaboré une plate-forme (ClearView ConnectsTM)* sur laquelle les personnes peuvent soumettre leurs rapports aux autorités de l’Église. ClearView a pris toutes les précautions nécessaires pour assurer la protection de votre vie privée. Quand vous soumettez un rapport en ligne, ClearView protège votre vie privée de la manière suivante : la session en ligne est entièrement chiffrée selon la technologie de chiffrement à 256 bits; ni ClearView ni son client ne peut identifier l’adresse IP d’un ordinateur qui a soumis un rapport spécifique; toutes les données sont conservées dans les serveurs sécurisés de ClearView au Canada. Quand un rapport est soumis en utilisant la ligne téléphonique, ClearView ne demande jamais le nom de l’appelant et n’enregistre pas l’appel; elle n’est pas abonnée à « Caller ID » (identification de l’appelant); elle s’assure que ses centres d’appels fonctionnent dans un environnement sans papier (les rapports sont saisis textuellement dans le système en ligne de ClearView par un agent ou une agente).

8. Question : Qui recevra et évaluera mon rapport?

Un rapport soumis par l’entremise du système de signalement sera reçu et évalué par un nombre restreint d’autorités de l’Église, les « réviseurs autorisés », expressément identifiés selon les prescriptions de la lettre apostolique Vos estis lux mundi, notamment :

  1. L’archevêque métropolitain et son réviseur(e) adjoint(e) recevront les rapports concernant un évêque (actif ou retraité) vivant dans le territoire de sa province ecclésiastique, sauf pour les évêques éparchiaux.
  2. L’évêque suffragant le plus ancien de la province ecclésiastique et son réviseur(e) adjoint(e) recevront les rapports concernant l’archevêque métropolitain.
  3. Le représentant pontifical recevra les rapports concernant l’archevêque métropolitain de Saint-Boniface, l’archevêque de Winnipeg, tout évêque qui, après son service au Canada, est allé dans un autre pays, et les évêques éparchiaux des trois Églises orientales suivantes qui sont présentes au Canada : l’éparchie des Arméniens catholiques au Canada et aux États-Unis; l’exarchat apostolique des syro-catholiques du Canada; l’éparchie des catholiques maronites du Canada.

Remarque : Les réviseures ou réviseurs adjoints sont des personnes de confiance nommées par chaque archevêque métropolitain et chaque évêque suffragant le plus ancien. Ils sont avisés des rapports soumis par l’entremise du système et ont accès aux rapports afin d’aider l’évêque réviseur.

9. Question : Qu’est-ce qui arrive à mon rapport une fois que je l’ai soumis par l’entremise de ClearView, et à quoi puis-je m’attendre?

Une fois le rapport soumis par l’entremise de ClearView ConnectsTM* :

  • Un identificateur de rapport et un mot de passe seront générés et fournis, et vous serez invité à configurer la notification par courrier électronique, qui vous permettra de suivre l’avancement de votre rapport.
  • Un avis généré par ordinateur sera automatiquement envoyé aux autorités de l’Église appropriées pour les avertir de votre rapport, auquel elles pourront avoir accès grâce au système protégé par mot de passe.
  • Les autorités de l’Église accuseront réception de votre rapport et indiqueront tout suivi nécessaire. Si vous choisissez de fournir vos coordonnées, les autorités de l’Église communiqueront avec vous par le portail du système pour examiner votre rapport et passer en revue les prochaines étapes.

10. Qu’arrive-t-il à mon rapport une fois que les autorités de l'Église l'ont reçu?

  1. Un évêque réviseur ou le réviseur(e) adjoint(e) accuseront réception de votre rapport à travers le système ClearView.
  2. L’évêque réviseur analysera votre rapport et, à moins qu’il ne soit manifestement infondé, il transmettra son évaluation initiale à l’autorité compétente du Saint-Siège (le Vatican) et demandera l’autorisation d’entamer une enquête.
  3. Dans les 30 jours, le Saint-Siège fournira les instructions appropriées sur la manière de procéder. Si une enquête est demandée, le Saint-Siège autorisera un évêque à la superviser. L’enquête ne doit pas dépasser 90 jours à compter de la réception des instructions du Saint-Siège (Vos estis lux mundi art. 14). Au cours de l’enquête, le Saint-Siège peut exiger l’adoption de dispositions ou de mesures de précaution appropriées à l’égard de l’évêque faisant l’objet de l’enquête (Vos estis lux mundi art. 15), comme le mettre en congé administratif. Vous serez tenu au courant de chacune de ces étapes.
  4. Les conclusions de l’enquête sont ensuite transmises au Saint-Siège (Vos estis lux mundi art. 17), qui ordonne alors la mise en œuvre du processus approprié conformément au droit de l’Église, tel qu’un procès, aboutissant à un jugement définitif.
  5. Si l’évêque accusé est reconnu coupable, le Saint-Siège lui imposera des mesures disciplinaires en fonction de la nature du délit. Ces mesures peuvent varier, en fonction du crime, et peuvent inclure restreindre l’évêque du ministère ou même le renvoyer de l’état clérical.

Ce qui précède n’est qu’un résumé et ne représente  pas pleinement la manière rigoureuse et détaillée dont les autorités de l’Église sont tenues de traiter ces rapports. Pour plus de renseignements, consultez la lettre apostolique Vos estis lux mundi, ainsi que le Vademecum sur quelques points de procédure dans le traitement des cas d’abus sexuel commis à l’égard de personnes mineures par des membres du clergé.

11. Question : Qui alerte les autorités civiles si une personne mineure est victime d’abus sexuels?

  1. Les autorités de l’Église ont l’obligation légale d’aviser la police ou le service de protection de l’enfance lorsqu’elles savent ou ont été informées qu’une personne mineure est en danger. Cette obligation d’informer les autorités civiles s’applique partout au Canada à quiconque est au courant que la sécurité d’une personne mineure est menacée. Voir Lois et politiques provinciales et territoriales sur la protection des enfants – 2018, Tableau 6 : Obligation de signaler, par l’Agence de la santé publique du Canada.Si votre rapport concerne une personne qui a été victime d’abus quand elle était mineure, mais qui est maintenant adulte, vous êtes encouragé à communiquer avec la police pour signaler le crime d’agression sexuelle.

12. *Question : Qu’est-ce que ClearView?

Les évêques du Canada ont fait appel à ClearView Strategic Partners, une firme indépendante d’éthique professionnelle et de dénonciation, pour fournir une plate-forme confidentielle hautement sécurisée appelée ClearView ConnectsTM, par l’entremise de laquelle des rapports peuvent être soumis via une plate-forme Web ou mobile en ligne, ou par une ligne téléphonique sans frais. ClearView ConnectsTM assure que les rapports soumis au moyen du système de signalement sont acheminés aux autorités appropriées de l’Église. ClearView est une firme très réputée avec plus de 20 ans d’expérience, qui fournit également un service semblable à d’autres communautés religieuses, des établissements de santé et d’éducation, des organismes caritatifs et d’autres ONG.

Communiqué – Campagne des paroisses 2021

La Campagne des paroisses bat son plein

Pour continuer à propager l’espoir

Jusqu’au 9 mai, les paroisses de l’Église catholique de Québec sollicitent les dons des croyants et croyantes pour poursuivre leur mission. Les conséquences de la crise actuelle n’épargnent pas les communautés chrétiennes ; fragilisées mais désireuses de relever les défis auxquels elles font face, elles demandent de l’aide.

Avec délicatesse, dans le respect de ce que chaque personne est en mesure de donner – puisque la précarité touche une frange importante de la population – les responsables des paroisses font appel à la générosité de ceux et celles qui croient en leur travail. Le site campagnedesparoisses.org permet le don en ligne et permet de visualiser à quoi servent les dons recueillis.

Des services essentiels à maintenir

Comme directrice des communications de l’Église catholique de Québec, Valérie Roberge-Dion s’implique de près dans cette campagne : « Nous voulons appuyer au maximum les paroisses dans leurs interventions et leurs projets. C’est une occasion privilégiée pour mobiliser les personnes qui considèrent comme essentielle la mission de leur communauté chrétienne : partager l’espoir. Les paroisses forment un grand réseau de soutien et d’entraide. Elles nourrissent notre spiritualité et nous aident à refaire nos forces intérieures. Le Québec fait face à des défis énormes ; les communautés chrétiennes veulent continuer à faire partie de la solution. »

« L’argent amassé sert à organiser notre paroisse pour n’oublier personne », explique l’abbé Julien Guillot, curé de la paroisse de Limoilou, en donnant comme exemple le soutien des personnes aînées isolées, des familles endeuillées, des immigrants et immigrantes…

Concrétiser une relance multifacette

La dernière année a amené l’Église d’ici à penser « en dehors du cadre ». Elle a notamment vu émerger plus de 200 « maisonnées » : des petits groupes de croyants et croyantes qui se rassemblent (grâce au web, en attendant le mode présentiel). Les participants s’accompagnent mutuellement dans les défis rencontrés en échangeant autour de textes bibliques, une façon de vivre la foi avec simplicité et proximité.

Parmi les autres transformations qui marquent l’Église actuelle, notons le virage numérique accéléré. Gabriel Bouchard, jeune bénévole à la paroisse de Limoilou, est enthousiaste : « L’argent recueilli permet de se procurer des ressources technologiques pour rejoindre les gens dans leur foyer. »

Les derniers mois ont aussi permis de concrétiser une réorganisation de la façon d’exercer le leadership en paroisse. De nouvelles équipes de responsables seront en place dès août 2021, veillant à développer le dynamisme des paroisses regroupées en « unités missionnaires ». Un changement de perspective nécessaire, dans une société qui a pris ses distances par rapport à la foi chrétienne.

Relever le défi de pourvoir aux besoins matériels

Nos trente-huit paroisses prennent soin de 221 églises, actuellement. Les communautés consacrent 35 % de leurs revenus à l’entretien régulier de ces bâtiments ainsi qu’aux travaux majeurs, soit en moyenne 13 millions par année. Les administrateurs et administratrices des paroisses ont besoin du soutien de toutes les personnes qui ont à cœur la préservation de ce précieux héritage collectif.

L’abbé Mario Duchesne, vicaire général au diocèse de Québec, constate que la grande majorité des paroisses du diocèse a connu un fléchissement de ses revenus : « On sait que l’année actuelle a été difficile pour elles. L’invitation que l’on fait à l’ensemble des paroissiens et paroissiennes, c’est de soutenir leur communauté, à la fois pour la pastorale et à la fois pour l’organisation matérielle de la mission ».

 

 

L’Église catholique célèbre Pâques 2021 en mode hybride

Pour les chrétiens et chrétiennes, ces jours-ci sont bien spéciaux. La Semaine sainte qui mène à Pâques, au terme du Carême, offre l’occasion de grandir spirituellement et de se laisser habiter par l’espérance. Alors qu’aucun rassemblement n’avait pu se dérouler à pareille date l’an passé, cette fois, les communautés chrétiennes ont la joie d’offrir des rendez-vous, même modestes, dans les églises. Elles organisent aussi des activités webdiffusées, pour rejoindre le plus de personnes possible et offrir leur soutien.

« Même si les temps demeurent incertains et exigeants, entrons dans la confiance que la Vie a toujours le dernier mot. La résurrection de Jésus Christ change la donne, pour toute l’humanité. Que cet événement apporte un éclairage nouveau sur nos défis personnels et collectifs, et nous apporte tout le courage dont nous avons besoin pour les relever. »

Célébrations dans les églises 

Pour le « Triduum pascal » qui s’amorce aujourd’hui, des célébrations sont prévues dans nos paroisses, adaptées à la situation sanitaire. Sur le territoire de la Communauté métropolitaine de Québec, le nombre de fidèles est limité à 25 personne dans les lieux de culte, et l’heure des activités doit tenir compte du nouveau couvre-feu de 20 h. Ailleurs dans le diocèse, les normes en vigueur en zone rouge s’appliquent, notamment la possibilité d’accueillir jusqu’à 250 personnes (selon la capacité des édifices, en tenant compte de la distanciation de deux mètres entre les personnes). 

À Québec, Lévis, comme dans les autres régions, il est recommandé de prendre contact avec sa paroisse pour s’informer de la possibilité de participer à l’un ou l’autre événement, car le nombre de places disponibles est très limité. La stricte distanciation, le port du masque de procédure, la circulation restreinte, ne sont quelques-unes des mesures du protocole approuvé par la santé publique, appliqué rigoureusement dans les lieux de culte. La plus grande prudence est de mise, alors que notre région vit une recrudescence des cas de COVID-19. 

Sur le web 

Les croyants et croyantes peuvent compter sur une belle offre d’activités en ligne. Notamment, le site web de l’Église catholique de Québec propose des ressources pour vivre ces Jours saints à la maison. Entretien du cardinal Gérald C. Lacroix, célébrations enregistrées dans différentes régions du diocèse, concert de musique sacrée (Stabat mater), chemin de croix : une programmation variée est disponible sur le site www.ecdq.tv, sur Facebook et Youtube. 

Pâques… de la mort à la vie avec le Christ!

Pâques! Le sommet de l’année liturgique, la fête par excellence de notre foi. Unissons-nous aux millions de chrétiens et chrétiennes qui cheminent en ce moment vers la fête de la Résurrection!

Le contexte sanitaire éprouvant nous pousse à célébrer cette Semaine sainte en mode hybride. Prenez contact avec votre paroisse pour connaître les rendez-vous qui seront proposés. Nous avons préparé une FAQ sur les mesures sanitaires en vigueur.

Même si les temps demeurent incertains et inhabituels, entrons déjà dans la confiance d’une Vie plus forte que la mort. Après un temps de Carême qui a transformé notre désert en lieu de rencontre avec Dieu (les ressources en sont encore accessibles ici), nous sommes préparés pour entrer dans le mystère de la mort et de la résurrection du Christ.

En complément aux activités organisées dans nos églises, sur cette page, vous trouverez des ressources pour pouvoir plonger dans cette Source pascale à à la maison, et un répertoire de célébrations en ligne.

Nous t’en supplions maintenant, Seigneur, garde ton Église dans la joie de ces fêtes pascales,
Par Jésus-Christ, ton Fils, notre Seigneur,
Ressuscité d’entre les morts dans la puissance de l’Esprit,
Qui règne avec toi pour les siècles des siècles.
(Chant de l’Exultet à la Veillée pascale)

Célébrons avec nos évêques... sur la route!

Du Dimanche des Rameaux au dimanche de Pâques, notre Archevêque et nos deux évêques auxiliaires seront sur la route, et vous proposeront sur notre webtélé des rendez-vous quotidiens, (détails sur www.ecdq.tv):

  • 28 mars, Dimanche des Rameaux, à 10h30:
    Messe avec Mgr Martin Laliberté, p.m.é., dans la région de l’Amiante
  • 29 mars, Lundi saint, à 19h:
    Entretien et ressourcement avec le cardinal Gérald C. Lacroix
  • 30 mars, Mardi saint, à 19h:
    Messe chrismale avec le cardinal Gérald C. Lacroix, à la Basilique-cathédrale Notre-Dame de Québec
  • 31 mars, Mercredi saint, à 19h:
    Célébration du pardon avec le cardinal Gérald C. Lacroix, dans la région de Lotbiniére
  • 1er avril, Jeudi saint, à 19h:
    La Cène du Seigneur avec Mgr Martin Laliberté, p.m.é. dans la région de Bellechasse
  • 2 avril, Vendredi saint, à 10h:
    Concert: Stabat mater de Pergolesi, présenté par La Clarté Dieu et la paroisse Notre-Dame-de-Québec
  • 2 avril, Vendredi saint, à 15h:
    Office de la Passion avec Mgr Marc Pelchat, dans la région de Charlevoix
  • 2 avril, Vendredi saint, à 19h:
    Chemin de croix avec le cardinal Gérald C. Lacroix, dans la région de la Beauce
  • 3 avril, Samedi saint, à 19h:
    Veillée pascale avec le cardinal Gérald C. Lacroix, à la basilique-cathédrale Notre-Dame de Québec
  • 4 avril, Pâques, à 9h:
    Messe de la Résurrection du Seigneur avec Mgr Marc Pelchat, dans la région de Portneuf

Ce programme sera ajusté selon les consignes de la Santé publique.

Pâques à la maison, en famille... et plus!

Des défis créatifs en famille de l’Office de Catéchèse du Québec, pour créer, réfléchir ensemble, vous exprimer et aussi peut-être… poser des gestes positifs très concrets! https://officedecatechese.qc.ca/productions/familles/DefisCreatifs/Paques.html

Pour chaque jour de la Semaine sainte, des idées de Maman à la maison: prière en famille, bricolages, coloriages, jeux, liturgie, chant, et peut-être même des vidéos surprises!
https://mamanalamaison.ca/2021/03/21/vivre-la-semaine-sainte-chez-nous-est-ce-possible-2/

Un repas familial ritualisé pour célébrer Pâques à la maison, préparé par l’Office de catéchèse du Québec : https://officedecatechese.qc.ca/productions/familles/PaquesRepasRituel.html

Un microsite du diocèse de Montréal débordant d’idées pour la Semaine sainte et Pâques: https://microsites.diocesemontreal.org/microsites/semaine-sainte-et-paques/

Abus sexuels : comment se déploie notre plan d’action?

Les abus sexuels dans l’Église, sujet douloureux, mais combien important à traiter aujourd’hui. Valérie Roberge-Dion, directrice des communications de l’Église catholique de Québec, aborde avec nous tous les développements sur la protection des personnes mineures et vulnérables dans l’Église. Trois grands axes d’action: prévenir, intervenir, accompagner. Tous les détails du plan d’action ici.

Cette entrevue a été diffusée dans le cadre de l’émission diocésaine Lumière du monde, le 28 mars 2021.

Conclusion du procès contre l’Institut séculier Pie X

Le Soleil rapportait le 29 mars que « le cardinal Gérald Cyprien Lacroix ni aucun membre de l’Institut séculier Pie X de Charlesbourg ne peuvent être tenus responsables d’abus sexuels commis par le missionnaire laïc Jean-Paul Lachance ».

https://www.lesoleil.com/actualite/justice-et-faits-divers/proces-contre-linstitut-seculier-pie-x-le-cardinal-lacroix-ne-peut-etre-tenu-responsable-tranche-la-cour-fc29d0279f7bc14c18224f08f1fbbcdc

Tant l’archevêque de Québec que les responsables de l’Institut ont pleinement collaboré au processus judiciaire, dans la recherche sincère de la vérité. Bien qu’une page soit maintenant tournée, sur le plan juridique, nos pensées se tournent vers les personnes qui souffrent encore des conséquences de ce qu’elles ont vécu.