HOMÉLIE FERMETURE AU CULTE 24 MAI 2015 JOUR DE LA PENTECÔTE
Abbé Pierre Gingras, curé de la paroisse Saint-Jean-Baptiste
« Quand viendra le Défenseur (…) il rendra témoignage en ma faveur. Et vous aussi, vous rendrez témoignage, vous qui êtes avec moi depuis le commencement. »
Voilà en quelque sorte le témoignage que nos anciens ont placé entre nos mains. Mais les artisans de cette église, hommes et femmes, qu’ont-ils placé entre nos mains ? Une église de pierres, construite avec génie, avec grandeur, avec fierté, qui permet tous sans distinction de côtoyer la beauté, le silence, l’élévation, la contemplation… Mais ils ont d’abord laissé une église témoin, témoin de leur foi, témoin de leur vie, témoin de leur engagement, témoin de la possible rencontre de Dieu au milieu de la vie urbaine. Une église faite d’abord de pierres vivantes bien cimentées entre elles, tellement bien jointées les unes aux autres, qu’au lendemain d’un incendie majeur, on éprouve la nécessité de redresser ce symbole d’une force d’âme qui nous a toujours caractérisés; ce symbole d’une audace tenace qui nous provient de nos ancêtres; ce symbole d’un dynamisme collectif qui traduit la grandeur et la dignité d’une nation quand elle sait s’unir pour bâtir… Pour bâtir une œuvre où tous et toutes se reconnaissent parce que tous et toutes y ont participé. Un signe élevé, un signe haut, un signe visible presque de partout et qui suscite de l’admiration autant pour son extérieur que pour son intérieur. Un signe élevé, un signe haut qui parle de nos valeurs, celles qui nous appellent à plus comme chrétiens; Ces valeurs qui dans la bouche de l’Apôtre Paul se disent : amour, joie, paix, patience, bonté, bienveillance, foi, humilité, maîtrise de soi… Des valeurs qui ne sont pas seulement des comportements mais des valeurs qui sont d’abord « Quelqu’un » : le Christ Jésus. Symbole d’une société qui a su dire depuis le début de son histoire : Le Christ est tout pour nous ! »
C’est la conséquence de la Pentecôte qui nous a rejoints depuis le début, mais que nous avons depuis quelques décennies regardée sans voir vraiment, avec une perte de profondeur comme si c’était acquis. Mais la foi n’est jamais acquise. Elle est en mouvement et elle est appelée à toujours grandir. Et quand on s’en éloigne et qu’on la néglige, on finit par s’en éloigner, on finit par l’oublier… Et pour éponger un déficit religieux, on fabrique une mentalité diffuse où tout devient bon sans distinction… on nivelle tout au point de glorifier l’indifférence et au bout, tout oublier. Le passé est à contempler, non pas à glorifier ni à idéaliser parce que nos devanciers ont travaillé plus fort que nous pour s’implanter, pour bâtir, pour vivre et pour survivre. Le passé n’est pas à glorifier mais à contempler pour saisir un peu de la sagesse qui l’a guidé et vivre le présent de manière saine. Le présent placé entre nos mains. Le présent qui est le déploiement de nous-mêmes. Le présent qui est notre responsabilité.
Lors du passage de Mgr Luigi Bonazzi, nonce apostolique du Canada à l’occasion des fêtes de la paroisse-cathédrale, une citation partagée m’a beaucoup touché… une citation de Monsieur René Lévesque premier ministre du Québec dans une lettre écrite au Pape Jean-Paul II à l’occasion des béatifications de certains de nos fondateurs. Il écrivait : « Quand un peuple remet en question ses modes de vie traditionnels avec autant de vigueur que le Québec l’a fait depuis 20 ans, il risque de se couper des valeurs qui ont contribué à sa survie et à la découverte de son identité propre, sans savoir les remplacer par des valeurs nouvelles; il risque de provoquer chez les siens le déséquilibre, le dépaysement et même le désarroi; en renouant avec les richesses de son passé, le Québec ne peut que mieux assurer son avenir. » C’était en 1980, le 22 juin. Et depuis, nous avons consacré une rupture. Mais nous savons que notre présent chrétien, dans la société qui est nôtre, n’est pas vide et que les événements réveillent notre rôle public en nous invitant à vivre autrement. Il faut se rappeler ce matin que les chrétiens ont une capacité exceptionnelle de traverser les épreuves, de se relever et de retrouver une force de témoignage au-delà des efforts demandés. Vous savez, d’autres communautés vivent les défis du présent. Mais dans tout cela le Christ, le Christ seul et le souffle de l’Esprit, cet Esprit de Pentecôte, nous invitent à demeurer des passionnés malgré l’âge, malgré les questions, malgré la fatigue…
Souvent nous avons tendance à nous réfugier dans le même silence qui habitait les Apôtres entre Pâques et Pentecôte. Souvent, comme eux, nous avons peut et nous habitons nos refuges Comme les Apôtres, acceptons de retrouver notre rôle public pour parler de Lui, pour vivre de Lui et faire vivre de Lui. Comme eux, sortons à la rencontre de l’homme, de la femme et de l’enfant d’aujourd’hui. Les enjeux de notre silence sont grands de la même manière que le silence des Apôtres aurait été désastreux. Nous devons rappeler aux nôtres qu’au moment où une société oublie son histoire, au moment où une société méprise son histoire ou cherche à la réécrire, cette société met en danger son avenir. Et ici, l’histoire s’est écrite avec le Christ, pour le Christ et dans le Christ. Aujourd’hui, dans ce passage à faire, nous recevons des pages blanches qu’il nous revient d’écrire pour les placer à la suite de celles écrites par nos devanciers. C’est ce témoignage qui nous appelle. Que l’Esprit s’insinue dans notre vie et aussi entre chacun et chacune d’entre nous pour aller de l’avant dans l’espérance que rien ne peut nous ravir. Amen
CNN était de passage à la basilique-cathédrale Notre-Dame de Québec le Vendredi saint 2015 avec l’une de ses équipes de tournage. Le prétexte? L’Année sainte de la miséricorde annoncée par le pape François (Année qui a maintenant un site Web en français!).
Voici donc les nombreux fruits de ce passage à Québec:
Une version française du témoignage très chouchant de Mme Costello est disponible ci-bas:
Comment le pape François a réveillé la foi d’une présentatrice de CNN
Par Carol Costello, présentatrice Traduction par Marcel Caron
Carol Costello est une journaliste qui a reçu plusieurs prix et une présentatrice de « CNN Newsroom ». Les opinions de cette chronique sont personnelles.
(CNN) Je me rappelle le jour où j’ai cessé de prier. C’était le jour suivant la mort de mon jeune frère, Jimmy, mort du cancer. Il avait 25 ans. J’étais si fâchée contre Dieu.
J’avais 27 ans à l’époque et, comme la plupart des jeunes, j’avais arrêté d’aller à l’église. Mais ce jour-là – ce terrible jour-là – j’avais désespérément besoin de comprendre pourquoi Dieu m’avait pris mon frère. J’ai appelé à l’église catholique la plus proche, en quête d’un prêtre. Une dame a répondu. J’ai demandé : « Puis-je parler avec un prêtre? »
Je souhaiterais pouvoir dire que sa réponse était « oui ».
À la place, elle me demanda si j’étais membre de cette paroisse. « Est-ce que cela importe? » ai-je demandé. (À l’époque je vivais loin de ma paroisse natale.) Je ne me rappelle pas comment elle m’a répondu, mais la réponse, à savoir si je pouvais rencontrer le prêtre, était clairement non.
Je ne sais pas si toutes les églises catholiques m’auraient fermé la porte, mais je me disais, à ce moment-là, que cela faisait partie d’une longue liste de règlements à suivre que le Vatican exigeait des leaders catholiques. J’ai pleuré un peu et ensuite j’ai décidé que je ne demanderais plus rien à Dieu. Clairement, ses représentants sur terre n’avaient pas de temps pour moi – une Catholique depuis toujours – et une pécheresse – alors pourquoi Dieu en aurait-il pour moi?
Depuis ce temps, je me suis considérée comme une catholique non-pratiquante.
Jusqu’à l’arrivée du Pape François.
Il y a quelque chose chez François qui a réveillé ma foi. Et ce n’est pas parce qu’il a ouvert les écluses pour permettre le péché aux yeux de l’Église. Il prend position contre des choses que j’appuie passionnément, mais je me trouve – comme plusieurs autres catholiques non-pratiquants – captivée.
Récemment, j’ai eu le plaisir de rencontrer un des cardinaux nouvellement nommés par le Pape. Son nom est le cardinal Gérald Lacroix. Âgé de 57 ans, il préside à la basilique-cathédrale Notre-Dame de Québec.
Une de mes premières questions : Qu’est-ce qu’il y a chez le pape François?
« Chaque personne est un mystère, tu sais. … Mais ce qui est évident, c’est que cet homme vit avec une telle liberté, une telle liberté intérieure. Il est lui-même. Il est en communion avec le Seigneur » me dit Mgr Lacroix.
« Ceux qui sont proches de lui disent qu’il est debout vers 4 heures du matin pour préparer sa messe quotidienne, qui a lieu à 7 heures du matin sur semaine. Donc cela fait près de trois heures de prière, de préparation et de silence devant le Seigneur et la Parole de Dieu. Wow, cela t’ajuste vraiment pour commencer une journée! »
Peut-être est-ce ainsi que le Pape demeure humble. Pourquoi il défie la tradition et lave les pieds des handicapés, des femmes, de ceux qui professent une autre foi. Pourquoi il a ordonné de construire des douches pour les pauvres sur la Place St-Pierre.
Tout cela est attirant, mais il y a plus que cela. Dans mon esprit, c’est le ton qu’il utilise. Quand le Pape François dit « Si une personne est gay et cherche le Seigneur avec bonne volonté, qui suis-je pour la juger? » Ce commentaire m’a renversée. L’homosexualité a longtemps été un sujet tabou pour le Vatican et, pourtant, le Pape François a prononcé ces mots d’accueil.
Mgr Lacroix a comparé l’approche du Pape à celle de Jésus. « Jésus n’a pas jugé. Jésus n’est pas venu comme un juge. Il est venu comme quelqu’un qui prêchait et parlait de l’amour de Dieu. »
Ces genres de réponses sont si différentes de mon expérience, mais je comprends pourquoi plus de catholiques conservateurs s’inquiètent. Si le Pape ne juge pas, alors qui nous dira qui est pécheur et qui ne l’est pas?
« J’entends cela parfois », me dit Mgr Lacroix. « Je crois que le Pape François est conservateur de la bonne façon. Tu dois être assez conservateur pour revenir à ce qui est le fondement : c’est cela l’Évangile. Tu ne peux pas reprocher au Pape François de ne pas vivre l’Évangile ou de ne pas prêcher la vérité de l’Évangile. »
Mais est-ce que l’homosexualité n’est pas un péché aux yeux de l’Église?
« Il y a de la place pour tout le monde. La porte est ouverte » insiste le Cardinal Lacroix. « Bien sûr, tu sais que l’Église catholique ne fera jamais la promotion du mariage de conjoints de même sexe, mais respectons-nous les personnes homosexuelles? Les accueillons-nous? Les accompagnons-nous? Bien sûr. Mais pour respecter l’Église et son enseignement, qui est basé sur une longue tradition ainsi que sur la Parole de Dieu, nous n’irons pas jusqu’à bénir. Mais cela ne veut pas dire qu’on rejette. »
Ce dernier sentiment – « cela ne veut pas dire qu’on rejette » – m’a saisie.
J’ai finalement compris pourquoi le Pape François a réveillé ma foi. J’ai toujours senti que mon Église me rejetait si je commettais le plus petit des péchés. Comme appeler un prêtre à une église qui n’était pas ma paroisse. Comme ne pas me couvrir la tête avec le voile traditionnel à Pâques. Comme manger de la viande par accident un Vendredi saint. Comme appuyer l’usage de la contraception.
Mais comme Mgr Lacroix me l’a dit, Jésus a marché avec les pécheurs jusqu’au bout. Il ne les a pas bannis au feu de l’enfer, car Il refuse de croire qu’il n’y a rien à faire avec quelqu’un.
Les derniers mots que le Cardinal m’a adressé : « J’essaie de faire de mon mieux sur le plan local – d’avoir une oreille ouverte à ce que l’Église et le monde vivent. Pour voir comment nous pouvons répondre à ces besoins aujourd’hui. Je veux que les gens me voient, et voient l’Église, comme un cœur ouvert pour grandir ensemble. Pas une Église qui impose – nous n’avons rien à imposer – nous avons quelqu’un à proposer : le Seigneur Jésus et son Évangile. »
Je ne peux pas attendre d’aller à l’église dimanche prochain. Et, oui, je baisserai la tête, je demanderai pardon et, si j’en suis digne, l’amour du Christ.
Pour voir ou revoir la Messe d’action de grâce pour la canonisation de saint François de Laval et de sainte Marie de l’Incarnation. Lien direct sur le youtube du Vatican: http://youtu.be/xpYZETRPlkg
Homélie du pape François Messe d’action de grâce pour la canonisation de saint François de Laval et de sainte Marie de l’Incarnation Dimanche, 12 octobre 2014
Nous avons écouté la prophétie d’Isaïe : « Le Seigneur essuiera les larmes sur tous les visages… » (Is 25, 8). Ces paroles, pleines de l’espérance de Dieu, indiquent le but, montrent l’avenir vers lequel nous sommes en chemin. Sur cette route, les saints nous précèdent et nous guident. Ces paroles esquissent aussi la vocation des hommes et des femmes missionnaires.
Les missionnaires sont ceux qui, dociles à l’Esprit Saint, ont le courage de vivre l’Évangile. Et aussi cet Évangile que nous venons d’entendre : « Allez donc aux croisées des chemins » – dit le roi à ses serviteurs (Mt 22, 9). Et les serviteurs sortirent et rassemblèrent tous ceux qu’ils trouvaient, « les mauvais comme les bons », pour les conduire au banquet des noces du roi (cf. v. 10).
Les missionnaires ont accueilli cet appel : ils sont sortis pour appeler tous les gens, aux carrefours du monde ; et ainsi ils ont fait beaucoup de bien à l’Église, parce que si l’Église s’arrête et se ferme, elle tombe malade, on peut la corrompre, aussi bien par les péchés que par la fausse science séparée de Dieu, qu’est le sécularisme mondain.
Les missionnaires ont tourné leur regard vers le Christ crucifié, ils ont accueilli sa grâce et ils ne l’ont pas gardée pour eux. Comme saint Paul, ils se sont faits tout à tous ; ils ont su vivre dans la pauvreté et dans l’abondance, être rassasiés et souffrir de la faim ; ils pouvaient tout en celui qui leur donnait la force (cf. Ph 4, 12-13). Et avec cette force de Dieu, ils ont eu le courage de “sortir” sur les routes du monde mettant leur confiance dans le Seigneur qui appelle. Telle est la vie d’un missionnaire, d’une missionnaire… Et pour ensuite finir loin de la maison, loin de sa propre patrie ; tant de fois tués, assassinés ! Comme c’est arrivé, ces derniers jours, à tant de nos frères et sœurs.
La mission évangélisatrice de l’Église est essentiellement annonce de l’amour, de la miséricorde et du pardon de Dieu, révélé aux hommes dans la vie, la mort et la résurrection de Jésus Christ. Les missionnaires ont servi la mission de l’Église, en rompant le pain de la Parole aux plus petits et aux plus éloignés et en portant à tous le don de l’amour inépuisable, qui jaillit du cœur même du Sauveur.
C’est ainsi que furent saint François de Laval et sainte Marie de l’Incarnation. Je voudrais vous laisser en ce jour, chers pèlerins canadiens, deux conseils : ce sont desextraits de la Lettre aux Hébreux, mais en pensant aux missionnaires, ils feront beaucoup de bien à vos communautés.
Le premier est celui-ci, voici ce que dit la parole de Dieu : « Souvenez-vous de ceux qui vous ont dirigés : ils vous ont annoncé la parole de Dieu. Méditez sur l’aboutissement de la vie qu’ils ont menée, et imitez leur foi » (13, 7). La mémoire des missionnaires nous soutient au moment où nous faisons l’expérience de la rareté des ouvriers de l’Évangile. Leur exemple nous attire, nous pousse à imiter leur foi. Ce sont des témoignages féconds qui engendrent la vie !
Le second est celui-là : « Souvenez-vous de ces premiers jours où vous veniez de recevoir la lumière du Christ : vous avez soutenu alors le dur combat des souffrances… Ne perdez pas votre assurance ; grâce à elle, vous serez largement récompensés. Car l’endurance vous est nécessaire… » (10, 32.35-36). Rendre hommage à qui a souffert pour nous porter l’Évangile signifie livrer nous aussi la bonne bataille de la foi, avec humilité, douceur et miséricorde, dans la vie de chaque jour. Et cela porte du fruit. La mémoire de ceux qui nous ont précédé, de ceux qui ont fondé notre Eglise. Quelle Eglise féconde que celle du Québec ! Féconde de tant de missionnaires, qui sont allés partout. Le monde a été rempli de missionnaires canadiens, comme eux deux. Maintenant un conseil : que cette mémoire ne vous amène pas à abandonner la franchise. N’abandonnez pas le courage ! Peut-être… Non, non, pas de peut-être : c’est vrai ! Le diable est envieux et ne tolère pas qu’une terre soit aussi féconde de missionnaires. Prions le Seigneur pour que le Québec revienne sur cette route de la fécondité, de donner au monde tant de missionnaires. Et ces deux-là qui ont – pour ainsi dire – fondé l’Eglise du Québec, qu’ils nous aident comme intercesseurs, que la graine qu’ils ont semée pousse et donne du fruit avec de nouveaux hommes et femmes courageuses, clairvoyants, avec le cœur ouvert à l’appel du Seigneur. Aujourd’hui on doit demander cela pour votre patrie ! Et eux, depuis le ciel, seront nos intercesseurs. Que le Québec redevienne cette source de bons et saints missionnaires.
En cela se trouve la joie et le mot d’ordre de votre pélerinage : faire mémoire des témoins, des missionnaires de la foi dans votre terre. Cette mémoire nous soutient toujours sur le chemin vers l’avenir, vers le but, quand « le Seigneur essuiera les larmes sur tous les visages … ».
« Exultons, réjouissons-nous : il nous a sauvés » (Is 25, 9).
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Mot de remerciement au pape François par le cardinal Gérald Cyprien Lacroix, archevêque de Québec
Messe d’action de grâce pour la canonisation de saint François de Laval et de sainte Marie de l’Incarnation
Basilique Saint-Pierre de Rome, le 12 octobre 2014
« Merci pour ces deux nouveaux saints et modèles missionnaires »
Très Saint Père,
Au terme de cette célébration eucharistique et avant de recevoir votre bénédiction apostolique, permettez-moi, en mon nom personnel et au nom des fidèles du Québec et du Canada, de vous remercier du fond du cœur pour le grand cadeau que vous nous avez fait de deux nouveaux saints : Saint François de Laval et Sainte Marie de l’Incarnation.
J’ai accompagné un groupe de pèlerins en France, sur les pas de ces deux géants de la foi et de la vie missionnaire. Notre pèlerinage s’est poursuivi jusqu’à Rome pour être avec vous, le Successeur de Pierre, pour vous redire notre communion profonde et notre désir de répondre à l’appel missionnaire pour évangéliser le monde de notre temps.
Merci, Très Saint Père, de nous avoir donné ces modèles de sainteté et de vie apostolique. La vie de Saint François de Laval et de Sainte Marie de l’Incarnation nous parle beaucoup aujourd’hui et nous invite à imiter leur courage, leur persévérance ainsi que leur zèle apostolique. Comme eux, nous voulons être tout abandonné à Dieu, dans la confiance, et engagés sur les chemins de la mission pour que nos frères et sœurs humains rencontrent Celui qui est le Chemin, la Vérité et la Vie; Jésus Christ.
Notre pèlerinage ne se termine pas ici à Rome. Nous le poursuivrons, avec l’aide de Dieu, chez-nous, au Québec, et partout où le Seigneur aura besoin de nous. Nous désirons être encore davantage des disciples-missionnaires au cœur du monde.
Avec vous, nous croyons que « l’Évangile remplit le cœur et toute la vie de ceux qui rencontrent Jésus » (Evangelii gaudium, No. 1). Saint François de Laval et Sainte Marie de l’Incarnation en sont des témoins éloquents. Que Dieu fasse de nous les saints et les saintes du troisième millénaire, les missionnaires et les évangélisateurs qui témoignent par leur vie et proclament avec fierté la Bonne Nouvelle qu’est l’Évangile.
Merci, Très Saint Père, de nous avoir accueilli aujourd’hui. Daignez bénir nos familles, nos communautés chrétiennes, nos diocèses et notre pays. Nous prions beaucoup pour vous et pour votre mission.
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Homily of Pope Francis Mass of Thanksgiving for the Canonization of Saints François de Laval and Marie de l’Incarnation Sunday, 12 October 2014
We have heard Isaiah’s prophecy: “The Lord God will wipe away the tears from all faces…” (Is 25:8). These words, full of hope in God, point us to the goal, they show the future towards which we are journeying. Along this path the Saints go before us and guide us. These words also describe the vocation of men and women missionaries.
Missionaries are those who, in docility to the Holy Spirit, have the courage to live the Gospel. Even this Gospel which we have just heard: “Go, therefore, into the byways…”, the king tells his servants (Mt 22:9). The servants then go out and assemble all those they find, “both good and bad”, and bring them to the King’s wedding feast (cf. v. 10).
Missionaries have received this call: they have gone out to call everyone, in the highways and byways of the world. In this way they have done immense good for the Church, for once the Church stops moving, once she becomes closed in on herself, she falls ill, she can be corrupted, whether by sins or by that false knowledge cut off from God which is worldly secularism.
Missionaries have turned their gaze to Christ crucified; they have received his grace and they have not kept it for themselves. Like Saint Paul, they have become all things to all people; they have been able to live in poverty and abundance, in plenty and hunger; they have been able to do all things in him who strengthens them (cf. Phil 4:12-13). With this God-given strength, they have the courage to “go forth” into the highways of the world with confidence in the Lord who has called them. Such is the life of every missionary man and woman… ending up far from home, far from their homeland; very often, they are killed, assassinated! This is what has happened even now to many of our brothers and sisters.
The Church’s mission of evangelization is essentially a proclamation of God’s love, mercy and forgiveness, revealed to us in the life, death and resurrection of Jesus Christ. Missionaries have served the Church’s mission by breaking the bread of God’s word for the poor and those far off, and by bringing to all the gift of the unfathomable love welling up from the heart of the Saviour.
Such was the case with Saint François de Laval and Saint Marie de l’Incarnation. Dear pilgrims from Canada, today I would like to leave you with two words of advice drawn from the Letter to the Hebrews. Keeping missionaries in mind, they will be of great benefit for your communities.
The first is this: “Remember your leaders, those who spoke the word of God to you; consider the outcome of their way of life, and imitate their faith” (13:7). The memory of the missionaries sustains us at a time when we are experiencing a scarcity of labourers in the service of the Gospel. Their example attracts us, they inspire us to imitate their faith. They are fruitful witnesses who bring forth life!
The second is this: “Recall those earlier days when, after you had been enlightened, you endured a hard struggle with sufferings… Do not therefore abandon that confidence of yours; it brings a great reward. For you need endurance…” (10:32,35-36). Honouring those who endured suffering to bring us the Gospel means being ready ourselves to fight the good fight of faith with humility, meekness, and mercy, in our daily lives. And this bears fruit.
We must always remember those who have gone before us, those who founded the fruitful Church in Quebéc! The missionaries from Quebec who went everywhere were fruitful. The world was full of Canadian missionaries like François de Laval and Marie de l’Incarnation. So a word of advice: remembering them prevents us from renouncing candour and courage. Perhaps – indeed, even without perhaps – the devil is jealous and will not tolerate that a land could be such fertile ground for missionaries. Let us pray to the Lord, that Quebéc may once again bear much fruit, that it may give the world many missionaries. May the two missionaries, who we celebrate today, and who – in a manner of speaking – founded the Church in Québec, help us by their intercession. May the seed that they sowed grow and bear fruit in new courageous men and women, who are far-sighted, with hearts open to the Lord’s call. Today, each one must ask this for your homeland. The saints will intercede for us from heaven. May Quebéc once again be a source of brave and holy missionaries.
This, then, is the joy and the challenge of this pilgrimage of yours: to commemorate the witnesses, the missionaries of the faith in your country. Their memory sustains us always in our journey towards the future, towards the goal, when “the Lord God will wipe away the tears from all faces…”.
“Let us be glad and rejoice in his salvation” (Is 25:9).
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Words of thanks to Pope Francis by
Cardinal Gérald Cyprien
On the occasion of the Mass of Thanksgiving
“Thank you for these two new saints and missionary models
Holy Father,
At the end of this Eucharistic celebration and before receiving your apostolic blessing, allow me, on my behalf and on behalf of all of the faithful of Quebec and Canada, to extend to you a heartfelt thank you for the huge gift that you gave us of two new saints: Saint François de Laval and Saint Marie de l’Incarnation.
I accompanied a group of pilgrims to France in the footsteps of these two giants of the faith and of missionary life. Our pilgrimage pursued to Rome to be with you, the Successor of Peter, to tell you of our profound communion with you and of our desire to respond to the missionary call to evangelize the world of our day.
Thank you, Holy Father, for having given us these models of holiness and apostolic life. The life of Saint François de Laval and of Saint Marie de l’Incarnation speak a lot to us today and invite us to imitate their courage and perseverance, as well as their apostolic zeal. Like them, we want to abandon ourselves totally in trust to God and to commit ourselves to the mission so that our brothers and sisters of our human family encounter He who is the Way, the Truth and the Life—Jesus Christ.
Our pilgrimage does not end here in Rome. We will pursue it, with the help of God, at home, in Quebec, and everywhere that the Lord needs us. We desire even more to be disciple-missionaries in the heart of the world.
With you, we believe that « the Gospel fills the heart and all of life for those who encounter Jesus” (Evangelii gaudium, No. 1). Saint François de Laval and Saint Marie de l’Incarnation are eloquent witnesses of this. May God make of us saints of the third millennium, missionaries and evangelizers who witness by their life and proudly proclaim the Good News that is the Gospel.
Thank you, Holy Father, for having welcomed us today. Deign it worthy to bless our families, our Christian communities, our dioceses and our country. We pray very much for you and for your mission.
Sœur Simone Voisine, Sœur de la Charité de Québec, était nommée, le 14 septembre dernier, Lauréate de la semaine du Soleil et de Radio-Canada. À titre de membre de la congrégation des Sœurs de la Charité de Québec, elle a toujours fait de l’engagement auprès des démunis son leitmotiv. Pendant près de 20 ans, elle a supervisé la Soupe populaire de la congrégation, à Place d’Youville.
« La base de mon engagement, a-t-elle souligné dans une entrevue téléphonique, a toujours été de servir les gens et d’être présente au monde. Je voulais améliorer des situations et des injustices que je trouvais inacceptables ». Ex-enseignante, sœur Simone a embrassé plusieurs causes, dont l’émancipation de la femme, la défense de la langue française et la promotion de la culture. Mais, affirme-t-elle, si elle avait à retenir un seul pan de son engagement communautaire, c’est vers la Soupe populaire que son cœur se tournerait. « C’était ma famille, j’avais toujours hâte de les revoir, dit-elle au sujet des bénéficiaires et des bénévoles. J’en ai retiré une immense richesse. Ça été les 18 plus belles années de ma vie ».
Madame Maria De Konick, dans son livre La force tranquille de l’engagement, témoigne largement de l’engagement de Sœur Simone.
Nous avons vécu collectivement une messe pontificale dont nous nous rappellerons longtemps. Le point culminant des fêtes du 350e de Notre-Dame de Québec vous a-t-il marqué d’une façon particulière? La musique de Guillaume Boulay? L’homélie du cardinal Ortega (disponible sous peu)? Des rencontres?
Voici une revue de presse pour nous replonger dans ce moment historique:
Voici la musique au format digital (mp3), les partitions musicales ainsi que les paroles du chant de monsieur Richard Vidal: La joie de l’Évangile.
Nous le remercions de sa grande générosité!
Avant sa publication officielle, voici l’homélie de Mgr Maurice Couture, archevêque émérite de Québec, à la mémoire de saint François de Laval et de sainte Marie de l’Incarnation.
Basilique-cathédrale Notre-Dame de Québec, Québec, 18 mai 2014 Cinquième dimanche de Pâques (Actes 6, 1-7; Pi 2, 4-9; Jn 14, 1-12)
Le rôle de l’homéliste est de tirer de la Parole de Dieu qu’on vient de proclamer un enseignement qui nourrit la foi des membres de l’assemblée. C’est dire qu’il doit adapter son menu aux goûts présumés de son auditoire, tenant compte de sa diversité et du contexte de son rassemblement.
Nous avons écouté les lectures du cinquième dimanche de Pâques. J’ai bien dit du cinquième dimanche de Pâques, et non du cinquième dimanche après Pâques. La nuance est importante, puisque tout le temps pascal n’est que le déploiement de la commémoration du Seigneur ressuscité. Ce mystère est tellement central dans l’histoire de notre salut que saint Paul a pu dire: « Si le Christ n’est pas ressuscité, c’est en vain que je suis croyant ».
C’est pourquoi même en cette circonstance unique où nous fêtons l’inestimable cadeau de la double canonisation du « père » et de la « mère » de l’Église canadienne, le rituel de notre célébration n’a pas dérogé à la primauté liturgique du mystère pascal. Ce qui ne nous empêchera pas de savourer le cadeau que notre pape François nous faisait le 3 avril dernier, en pleine période de carême. Nous avons attendu ce jour-ci pour festoyer davantage. Ça me rappelle personnellement le temps de mon enfance où les bons plats, et les friandises surtout, étaient reportés après le carême !
Parmi les invités de notre archevêque figurent les participants à la Montée-Jeunesse. Welcome to all the young people of many dioceses of the Canadian Church. Je consacrerai la dernière partie de mes propos à illustrer en quoi François de Laval et Marie de l’Incarnation peuvent inspirer la foi et l’engagement des jeunes dans notre monde d’aujourd’hui. Mais auparavant permettez qu’à l’intention de chacun et chacune d’entre vous, jeunes et moins jeunes, je tente d’expliquer, fût-ce très brièvement, le sens d’un passage de chacune des lectures que nous venons d’entendre.
Commençons par l’assemblée des disciples qui, dès le début de notre Église, va trancher collégialement un différent délicat comme le sont toujours les affrontements de type socioreligieux. Les chrétiens d’origine grecque se sentaient désavantagés par rapport à leurs frères juifs quant à l’aide matérielle apportée aux veuves nécessiteuses de leur nationalité respective. Le conflit va connaître une heureuse solution qui déborde de beaucoup l’objet du problème: ce sera le commencement du partage des responsabilités dans l’Église En se délestant du service des repas, les apôtres vont reconnaître à la fois que leur rôle spécifique est de présider à la prière et au service de la Parole, et que le service de la charité est tout aussi important, mais qu’il devra être partagé confié à d’autres ministres « estimés de tous et remplis d’Esprit saint et de sagesse ». Ce sera dans un premier temps le rôle des diacres. Mais nous savons, par la correspondance de saint Paul en particulier, que les ministères vont se diversifier au gré des besoins du Peuple de Dieu.
Aujourd’hui, dans le prolongement du Concile Vatican II, ces services sont assurés encore par les ministres ordonnés bien sûr, mais d’une façon plus large par les religieux et les religieuses dont la mission apostolique est dûment authentifiée, par les laïques engagés au nom de leur foi dans des mouvements ecclésiaux ou le monde séculier, par les agents et agentes de pastorale, les éducateurs et éducatrices de la foi des jeunes et des adultes, et l’énumération pourrait s’allonger pour couvrir toutes les dimensions de la pratique évangélique en Église et dans la société.
L’apôtre Pierre, dans la deuxième lecture, recourt à une comparaison qui illustre bien ces diverses facettes de la vie en Église. Il nous dit: Vous êtes comme les pierres vivantes qui servent à construire le Temple saint dont la pierre d’assise est nulle autre que le Christ lui-même. Vous devenez ainsi le peuple choisi qui appartient à Dieu, une nation sainte, un sacerdoce royal. Ces paroles ne s’adressent pas seulement aux dignitaires de l’Église, mais à tous ses membres. Les Pères du Concile l’ont bien fait valoir en affirmant que les propos de Pierre et certains autres textes de l’Écriture sainte sont à prendre au sens propre. Le sacerdoce baptismal n’appartient pas au simple langage allégorique. Il est commun à tous les baptisés. Le sacerdoce ministériel s’y ajoute chez les ministres ordonnés: il est d’une autre nature que le sacerdoce baptismal, mais ne l’éclipse pas.
C’est ainsi que le rituel du baptême, depuis la réforme liturgique qui a suivi Vatican II, s’inspire du texte de Pierre. Si vous avez moins de 45 ans et que vous avez été baptisé peu après votre naissance, vous avez entendu le ministre de votre baptême proclamer solennellement: « Désormais, tu es prêtre, prophète et roi ». Il est possible que vos parents, parrains et marraines n’aient pas compris plus que vous la signification de ce triple rôle! Pourtant, ces trois mots (prêtre, prophète, roi) résument bien les merveilles que toute personne baptisée est chargée d’annoncer, selon les termes de saint Pierre.
Être prêtre, au sens du sacerdoce baptismal, c’est témoigner des valeurs spirituelles qui ne périssent pas ; être prophète, c’est affirmer son appartenance au Christ et son adhésion à l’Évangile ; être roi, à la manière de Jésus qui est « venu pour servir et non pour être servi », c’est se mettre au service de son prochain.
François de Laval et Marie de l’Incarnation ont vécu éminemment leur sacerdoce baptismal par des voies différentes au plan personnel, mais dans la même optique missionnaire. La fondatrice du monastère des Ursulines a été successivement épouse, mère, veuve, femme d’affaires, moniale avant de répondre à l’appel missionnaire qui attirera en Nouvelle-France aussi bien des laïques, comme Jeanne Mance et madame de la Peltrie, que des hommes et des femmes consacré(e)s comme les Récollets, les Jésuites, les Ursulines et Marie de l’Incarnation, les Augustines et Catherine de Saint-Augustin, Marguerite Bourgeoys et les Sœurs de la Congrégation.
Arrivées à Québec en 1639, Marie Guyart et ses compagnes ursulines vont dispenser l’éducation qui faisait cruellement défaut tant chez les colons français qu’en milieu amérindien, pendant que les Augustines implantaient les premiers services de santé, dans un contexte de dénuement et de précarité effroyables. Vingt ans après, Mgr de Laval va structurer une Église locale ébranlée par les traitements infligés aux martyrs jésuites et frappée par des tensions internes dues, entre autres, à l’exploitation des autochtones par les commerçants français. Le pasteur infatigable en même temps que visionnaire va établir son séminaire et la première paroisse dont les 350e anniversaires viennent d’être célébrés successivement. Il n’est pas exagéré de penser que, sans ces apports sociaux, culturels et religieux, la fragile colonie française, déjà affaiblie par deux sièges consécutifs et par les répercussions des conflits entre la métropole et les autres puissances européennes, risquait de sombrer dans l’abandon.
C’est tout cela qu’évoque la canonisation de saint François de Laval et de sainte Marie de l’Incarnation, après l’octroi de la Porte sainte, cet autre cadeau du pape François. Aujourd’hui encore, l’Évangile nous rapporte une déclaration de Jésus qui précise son affirmation : « Je suis la Porte ». Il nous dit : « Personne ne va vers le Père sans passer par moi ». Il nous laisse entendre clairement qu’il faut passer par lui pour entrer dans l’intimité de Dieu, puisque lui et son Père ne font qu’un.
Sainte Marie de l’Incarnation, la grande mystique, a expérimenté au plus haut degré cette intimité avec son Seigneur. Saint François de Laval a poussé à l’extrême l’imitation du pasteur qui donne sa vie pour ses brebis. Les proposer comme modèles aux jeunes d’aujourd’hui, c’est placer la barre bien haute.
Cependant leurs parcours humains n’offrent rien d’inaccessible aux moins de 30 ans. Se sentant appelé au sacerdoce, François de Laval poursuit les études requises aux collèges de Laflèche et de Clermont dirigés par les Jésuites. Il fait partie d’un mouvement marial qui témoigne de sa ferveur, ce qui n’étonne pas chez un aspirant au sacerdoce ministériel. Ce qui étonne davantage aujourd’hui, c’est qu’il ait été nommé chanoine à 14 ans, gracieuseté d’un oncle évêque. Une promotion qui n’a rien à voir avec une sainteté précoce, mais figure parmi les abus qui régnaient dans le clergé de France. Des revenus financiers étaient attachés à ce titre ecclésiastique au sein des familles nobles dont provenaient bon nombres de prêtres. Ordonné à 24 ans, François sera presque aussitôt nommé archidiacre par le même oncle dans son diocèse. Grâce à sa maturité et à sa bonne formation, il y acquiert une expérience très riche qui le servira par la suite. Mais sous l’influence des grands réformateurs de l’Église de France, tels saint Jean-Eudes et saint Vincent de Paul, il va céder sa charge et se joindre à une communauté dirigée par un laïc et regroupant des chrétiens désireux de vivre selon les orientations du Concile de Trente. Il n’avait que 30 ans. Ce séjour à Caen sera comme une longue retraite préparatoire à l’épiscopat et qui tiendra lieu d’un vrai grand Séminaire. Il peut donc être vu comme un modèle des séminaristes et des jeunes prêtres.
Marie Guyart manifestera une précocité encore plus remarquable dans l’étape séculière de sa vie. Mariée à 17 ans, elle est mère 18 mois plus tard et veuve à 20 ans. Elle assume l’éducation de son fils, relève de la faillite le chantier maritime de son beau-frère et entre chez les ursulines à 32 ans, après avoir confié son fils à sa sœur.
Ce qui est imitable dans ce parcours exceptionnel, c’est la générosité d’une jeune femme qui répond au jour le jour à la volonté de Dieu, tout en demeurant attentive aux appels intérieurs qui la projetteront dans l’inconnu.
François de Laval et Marie de l’Incarnation reconnus saint et sainte
Grande célébration le dimanche 18 mai
pour nos deux premiers saints de Québec
Québec, le 3 avril 2014 – C’est par décret que le pape François a procédé aujourd’hui à la canonisation de François de Laval et Marie de l’Incarnation lors de son audience générale en la place Saint-Pierre de Rome. Ces deux figures marquantes de l’histoire du Québec deviennent ainsi les deux premiers saints de Québec.
Lors d’une conférence de presse conjointe à l’archevêché de Québec, le cardinal Gérald Cyprien Lacroix, archevêque de Québec, Sr Louise Gosselin, supérieure générale des Ursulines de l’Union canadienne, et l’abbé Jacques Roberge, supérieur général du Séminaire de Québec, ont pris la parole pour partager leurs réactions à l’annonce du pape François.
« Saint François de Laval. Sainte Marie de l’Incarnation. Nous nous habituerons vite à ces nouveaux vocables ! Beaucoup déjà reconnaissaient la sainteté du premier évêque de Québec et de la fondatrice du monastère des Ursulines de Québec. Ils sont aujourd’hui reconnus par l’Église universelle comme grands témoins du Christ pour l’humanité. Demandons leur intercession pour poursuivre notre mission en terre d’Amérique ! » – Cardinal Lacroix
« Il y a 375 ans, Marie Guyart de l’Incarnation fondait le monastère des Ursulines de Québec et ouvrait la première école pour fille en Amérique du Nord. C’est avec une immense joie et dans l’action de grâce que les Ursulines de l’Union canadienne accueillent cette belle nouvelle longuement espérée » – Sr Gosselin
« C’est avec joie et action de grâce que la communauté des prêtres du Séminaire de Québec accueille la canonisation de son fondateur, Mgr François de Laval. Cette nouvelle arrive comme l’heureuse conclusion des Fêtes du 350e anniversaire de fondation du Séminaire de Québec et comme un extraordinaire complément au jubilé de la paroisse Notre‑Dame érigée aussi par Mgr de Laval en 1664. » -Abbé Roberge
Une grande célébration aura lieu l’après-midi du dimanche 18 mai prochain à Québec.
Cette messe d’action de grâce aura lieu alors que des centaines de jeunes catholiques de partout au Canada seront à Québec à l’occasion de la Montée jeunesse, pendant les fêtes du 350e de Notre-Dame de Québec. Des démarches débuteront également pour qu’une célébration puisse aussi avoir lieu à Rome à l’automne 2014, en communion avec le pape François.
La canonisation d’aujourd’hui en est une « équipollente » : cela signifie que le Pape étend d’autorité à toute l’Église le culte d’un serviteur ou servante de Dieu non encore canonisé(é), à travers l’inscription de sa fête, avec messe et office, dans le calendrier de l’Eglise universelle. C’est la troisième fois que le pape François utilise cette méthode qui ne requiert pas la reconnaissance d’un nouveau miracle (en 2013, pour les saints Pierre Favre et Angèle de Foligno). La béatification de François de Laval et Marie de l’Incarnation par Jean-Paul II remonte à 1980. Les autres saints canadiens sont (année de canonisation entre parenthèse) : Les martyrs canadiens (1930) – Marguerite Bourgeoys (1982) – Marguerite d’Youville (1990) – Frère André (2010) – Kateri Tekakwitha (2012)
Leurs tombeaux sont accessibles à la population:
Sainte Marie de l’Incarnation :
Chapelle du Monastère des Ursulines (10, rue Donnacona, Québec)
Saint François de Laval :
Basilique-cathédrale Notre-Dame de Québec (16 Rue De Buade, Québec)
Pour une revue de presse complète sur cette bonne nouvelle.
Pour mieux connaître ces deux nouveaux saints, la webtélé de l’Église catholique de Québec ECDQ.tv a produit deux reportages de 12 minutes disponibles sur www.ecdq.tv ou ci-bas:
Après avoir été présentée aux Assemblées presbytérales régionales, aux agents et agentes de pastorales et aux diacres, la lettre pastorale « La célébration du Jour du Seigneur : par l’Eucharistie et la Célébration dominicale de la Parole » du cardinal Gérald Cyprien Lacroix, archevêque de Québec, est maintenant disponible sur notre site Internet en cliquant ici: Lettre pastorale
Vous pouvez également vous procurer la version papier de la lettre pastorale en contactant par courriel madame Marcelle Larivière, agente de pastorale.
– la vidéo intégrale du lancement de la lettre pastorale :
-Le texte de l’allocution de notre archevêque lors de la présentation de la lettre pastorale: Introduction Lettre pastorale
4 vidéos pour approfondir la Lettre pastorale
http://www.ecdq.tv/fr/videos/61d77652c97ef636343742fc3dcf3ba9
Pour faire suite à la première lettre pastorale de Mgr Gérald C. Lacroix, dans laquelle il met en perspective des éléments essentiels pour poursuivre la mission, voici quelques brèves réflexions sur la nécessité pour les chrétiens et les chrétiennes de se rassembler le dimanche.
http://www.ecdq.tv/fr/videos/10c66082c124f8afe3df4886f5e516e0
Ce deuxième reportage en lien avec la première lettre pastorale de Mgr Gérald C. Lacroix, présente l’Eucharistie comme la source de tout élan missionnaire bien engagé dans le contexte social d’aujourd’hui.
http://www.ecdq.tv/fr/videos/53f0d7c537d99b3824f0f99d62ea2428
Ce troisième reportage en lien avec la première lettre pastorale de Mgr Gérald C. Lacroix, présente la Célébration dominicale de la Parole comme un temps aménagé pour « prier et partager la Parole en communauté ».
http://www.ecdq.tv/fr/videos/283085d30e10513624c8cece7993f4de
Quatrième volet en lien avec la première lettre pastorale du cardinal Gérald C. Lacroix.
Nous sommes invités à découvrir la richesse des partages en petits groupes
comme un lieu exceptionnel pour nous mettre à l’école de la Parole de Dieu et rencontrer le Seigneur.
C’est ce samedi 22 février que sera accueilli notre archevêque Gérald Cyprien Lacroix dans le Collège des cardinaux par le pape François.
Pour voir et vivre l’événement:
En direct et en différé
Direct à 5 h (heure du Québec) Signal international: chaîne youtube du Vatican: www.youtube.com/vatican Traduction française: site web de la télévision catholique française KTO: www.ktotv.com
En différé
Télévision Sel + Lumière (illico 242, Bell Fibe 654 ou www.seletlumieretv.org) à 15 h (traduction française)
Ce dimanche 23 février, le cardinal Lacroix participera à la messe de clôture du consistoire, présidée par le pape François. L’horaire de diffusion est le suivant:
En direct et en différé
Direct à 4h (heure du Québec) Signal international: chaîne youtube du Vatican: www.youtube.com/vatican Traduction française: site web de la télévision catholique française KTO: www.ktotv.com
En différé
Télévision Sel + Lumière (illico 242, Bell Fibe 654 ou www.seletlumieretv.org) à 15 h 30 (traduction française)
En complément d’information, voici le communiqué officiel émis par la Conférence des évêques catholiques du Canada:
L’archevêque de Québec joint le Collège des cardinaux
(CECC – Ottawa)…Son Excellence le cardinal désigné Gérald Cyprien Lacroix, archevêque de Québec et primat de l’Église au Canada, de même que 18 autres évêques seront élevés au Collège des cardinaux lors du Consistoire qui aura lieu, au Vatican, le 22 février 2014. Sa Sainteté le pape François avait fait l’annonce de la nomination des nouveaux cardinaux, le 12 janvier 2014. Mgr Lacroix deviendra ainsi le huitième cardinal dans l’histoire de l’archidiocèse de Québec et le 17e dans l’histoire de l’Église catholique au Canada. Le Canada comprendra maintenant quatre Cardinaux, les autres étant Son Éminence le Cardinal Jean-Claude Turcotte, archevêque émérite de Montréal, Son Éminence le Cardinal Thomas Collins, archevêque de Toronto, et Son Éminence le Cardinal Marc Ouellet, préfet de la Congrégation des évêques et ancien archevêque de Québec.
À Rome, le nouveau Cardinal sera accompagné d’une petite délégation de l’archidiocèse de Québec et des membres de sa famille, dont ses parents. M. Régis Labeaume, maire de Québec, sera également présent. La Conférence des évêques catholiques du Canada (CECC) sera représentée officiellement par le président, Mgr Paul-André Durocher, archevêque de Gatineau. La chaîne de télévision catholique Sel + Lumière diffusera la cérémonie pour la création des nouveaux cardinaux, le 22 février à 15 h, et la messe de clôture du consistoire, le 23 février à 15 h 30.
Dans une déclaration publiée le 13 janvier dernier, Mgr Durocher a exprimé ses plus sincères félicitations à Mgr Lacroix, au nom de tous les évêques du Canada. « Cette nomination par le pape François est un grand honneur pour toute l’Église de notre pays, et souligne à la fois l’importance du siège de Québec et le rôle décisif qu’il a joué dans l’évangélisation du Nouveau Monde », a déclaré le Président de la CECC. « Quel honneur pour la population du Québec et pour celle de tout le Canada, au moment où nous célébrons le 350e anniversaire de l’érection de la première paroisse d’Amérique du Nord à l’extérieur des territoires hispanophones.»
Le cardinal désigné Lacroix est né le 27 juillet 1957, à Saint-Hilaire de Dorset, Québec. Il a poursuivi des études à l’Université Laval de Québec, où il a obtenu une maîtrise en théologie pastorale. Membre de l’Institut Séculier Pie X (ISPX), il a été ordonné prêtre le 8 octobre 1988. Il a ensuite été missionnaire en Colombie, de 1990 à 1998, contribuant alors à l’implantation de l’ISPX en plus de travailler en paroisse et d’agir comme professeur du Major Seminary of Popayán, Colombie. À son retour au Canada, il a assumé la direction générale de l’ISPX, responsabilité qu’il occupait encore au moment de sa nomination comme évêque auxiliaire à Québec, le 7 avril 2009. Le 22 février 2011, le pape Benoît XVI le nomme archevêque de Québec. Précédemment, il avait été élu administrateur de l’archidiocèse, le 27 août 2010, à la suite de la nomination du Cardinal Ouellet à titre de préfet de la Congrégation des évêques. À titre d’archevêque de Québec, le cardinal désigné Lacroix est devenu membre de droit du Conseil permanent de la CECC.
Une célébration d’accueil du Cardinal Lacroix aura lieu à Québec le 28 février 2014 au Pavillon de la jeunesse sur le site d’ExpoCité. Cette célébration publique devrait rassembler 4 000 personnes et elle débutera à 19 h. Il y aura trois parties au courant de la soirée : un bref temps de discours de représentants du monde civil et religieux, une liturgie de la Parole mettant l’accent sur l’archidiocèse lui-même et une occasion pour les fidèles de Québec de saluer le nouveau cardinal.
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Il reste quelques centaines de billets pour la célébration du 28 février, vous pouvez vous les procurer à la Maison des Services diocésains (1073, boulevard René Lévesque Ouest) entre 9h et 16 le samedi et de 9h à 21h du lundi au vendredi. Pour confirmer s’il reste des billets, visitez le http://www.ecdq.org ou téléphonez au 418-688-1211 poste 212.