Le 14 juillet 2026, le cardinal Gérald Cyprien Lacroix, archevêque de Québec, a signé un message à l’attention de tous les fidèles de l’archidiocèse de Québec, au sujet de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X (FSSPX). 

L’envoi à la communauté diocésaine le 20 juillet 2026 comprenait également le lien vers l’article de Vatican News qui précise la procédure de retour à la communion catholique.


 

Chers frères et sœurs,

La paix soit avec vous!

Malgré tous les avertissements venus du Siège Apostolique, la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X (FSSPX) a malheureusement procédé, le 1er juillet 2026, à l’ordination épiscopale de quatre prêtres issus de ses rangs, sans mandat pontifical et contre la volonté expresse du Saint-Père. Ceci est, non seulement un acte de désobéissance d’une extrême gravité, mais aussi un acte de nature schismatique qui, en vertu du droit canonique (c. 751), entraîne ipso facto une peine d’excommunication (cc. 1364, 1387).

Dès le lendemain, le Dicastère pour la Doctrine de la Foi, a confirmé et précisé par décret que, le Supérieur général de la FSSPX, M. l’Abbé D. Pagliarani, les deux évêques qui ont accompli cette consécration (Mgr A. de Galaretta et Mgr B. Fellay), les quatre évêques qui ont été ordonnés (Pascal Schreiber, Michael Goldade, Michel Poinsinet de Sivry et Marc Hanappier), ainsi que tous les clercs et les laïcs qui adhèrent formellement – c’est-à-dire en pleine connaissance de cause et de manière constante et non seulement occasionnelle – à ladite Fraternité, encourent la peine d’excommunication latae sententiae prévue par le Code de droit canonique (c. 1387 et 1364 § 1). Une note explicative importante accompagne ce décret.

Avec mes confrères, les évêques auxiliaires, Monseigneur Juan Carlos Londoño, évêque titulaire de Beatia et Monseigneur Jean Tailleur, évêque titulaire d’Abora, je m’adresse à toute la communauté diocésaine pour faire quelques mises au point claires face à cette situation bien triste.

En effet, nous avons au Québec des prêtres et des fidèles qui se réclament de la FSSPX. De plus, dans certaines régions de notre diocèse, des fidèles sont attachés à la FSSPX et entretiennent même des liens avec elle, tout en voulant continuer à aimer sincèrement l’Église Catholique et à rester fidèles à la foi catholique et au Souverain Pontife. Pour cette raison, nous avions parfois accordé des dérogations dans l’espérance d’une pleine communion effective et affective.

Mais, avec les événements du début de ce mois, il résulte que toutes les dérogations qui, ponctuellement ou de façon continue, pouvaient être accordées à des prêtres ou des fidèles de la FSSPX, n’ont plus lieu d’être.

En conséquence :

  • l’accès de nos églises et de nos chapelles en vue de la célébration de tous les sacrements, sacramentaux, obsèques ou tout autre liturgie leur est désormais refusé;
  • le sacrement de pénitence conféré par les prêtres de la FSSPX et les mariages auxquels ils assistent, sont désormais considérés comme invalides;
  • les fidèles laïcs qui adhérent formellement à la FSSPX ou qui participent avec une pleine connaissance et un consentement délibéré aux activités de cette Fraternité doivent être considérés comme schismatiques et excommuniés;
  • les fidèles catholiques sont également exhortés à ne pas participer aux célébrations liturgiques ni aux activités organisées par la FSSPX.

Avec mes confrères évêques auxiliaires à l’Archidiocèse de Québec, en tant que Cardinal de la Sainte Église Catholique Romaine et Primat du Canada, je m’associe à la grande tristesse du pape Léon XIV, lui qui est appelé à « présider dans la charité » toutes les Églises, face à ces événements qui, déchirant une fois de plus la Tunique sans couture du Christ, portent si gravement atteinte à l’unité de l’Église. Nous restons, bien entendu, à l’écoute de tous les fidèles que cette rupture blesse et désoriente, et ouverts au dialogue avec tous les catholiques qui souhaiteraient demeurer ou revenir dans la pleine communion avec l’Église Catholique et le Successeur de Pierre.

D’autre part, le Dicastère pour la Doctrine de la Foi a adressé aux évêques du monde entier une communication indiquant les mesures à prendre pour accueillir ceux qui décideraient de quitter la FSSPX après l’acte schismatique qui a conduit à leur excommunication. Les prêtres, les diacres, les agentes et agents de pastorale, ainsi que les responsables des communautés sont invités à accueillir avec bienveillance les personnes qui pourraient être touchées par cette situation, à répondre à leurs questions avec prudence et en vérité. En plus des directives sur le site du Vatican, il est possible de communiquer avec la Chancellerie de notre diocèse pour avoir plus de précisions sur le processus de réconciliation et d’admission ou de réadmission.

Avant de terminer mon message, et pour lever tout risque d’amalgame, je trouve important de préciser que nous ne devons pas confondre la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X (FSSPX) avec la Fraternité Sacerdotale Saint-Pierre (FSSP). Cette dernière est une société de vie apostolique catholique de prêtres et de séminaristes en communion avec le Saint-Siège; elle a une mission dans notre diocèse et dessert l’église Saint-Zéphirin-de-Stadacona à Québec. Ne la confondons pas non plus avec l’Institut Séculier Pie X (I.S.P.X), un institut séculier approuvé de droit diocésain, qui se définit comme une famille apostolique pour l’évangélisation du milieu populaire, composée de laïques consacrés, de prêtres et de couples associés, d’hommes et de femmes célibataires et dont un des lieux d’action est la Maison du Renouveau à Québec.

Frères et sœurs, il ne nous revient pas de juger les personnes qui sont dans cette situation de schisme et d’excommunication. Nous devons plutôt les porter dans nos prières en espérant un retour à l’unité comme le Christ lui-même le demande instamment à son Père (Jn 17, 21). C’est aussi l’occasion pour nous tous de renouveler notre adhésion affective et effective au Pape Léon XIV, Successeur de Pierre et aux évêques en communion avec lui.

Donné à Québec, le 14 juillet 2026.