Alors que la liturgie commémore le pape Paul VI aujourd’hui, l’abbé Jean-Philippe Auger a proposé une homélie qui souligne le 50e anniversaire de l’exhortation apostolique Evangelii Nuntiandi.
 
 
Pour l’abbé Jean-Philippe, responsable de la formation pastorale continue dans notre diocèse, ce texte majeur demeure d’une pertinence formidable aujourd’hui. 
 
Voyez comment en lisant son homélie du jour :

 

« J’ai pensé rendre hommage au pape Paul VI en mettant en évidence des sections de son exhortation “Evangelii Nuntiandi” sur l’évangélisation dans le monde moderne. Le pape François a dit que c’était le plus grand texte pontifical du 20ème siècle. Je le pense moi aussi.

J’aimerais mettre en évidence trois sections de l’exhortation.

D’abord, Paul VI nous parle des ouvriers de l’évangélisation. On a besoin d’ouvriers pour annoncer l’Évangile. Il nous dit que “l’Eglise tout entière est missionnaire ; l’oeuvre d’évangélisation est un devoir fondamental du peuple de Dieu ”.

Paul VI nous rappelle que l’évangélisation est pour tout le monde, pour tous les membres du peuple de Dieu, pas seulement pour des spécialistes, mais pour tous les baptisés. Chacun peut devenir un ouvrier dans la vigne du Seigneur.

Pas étonnant que saint Paul se soit lié d’amitié avec Priscille et Aquila. Ils sont devenus des partenaires dans l’annonce de l’Évangile. Ils ont eu un rôle crucial à jouer. lls ont hébergé saint Paul et ils ont collaboré avec lui à fonder la communauté de Corinthe. Ils ont été impliqués dans la formation et l’accompagnement des nouveaux convertis.

Ils donnent l’exemple d’un couple totalement dévoué à l’annonce missionnaire de l’Évangile.

Ensuite, Paul VI parle des destinataires de l’évangélisation. Il rappelle que “les dernières paroles de Jésus… confèrent à l’évangélisation, dont le Seigneur charge les Apôtres, une universalité sans frontières : “ Allez par le monde entier, proclamez l’Evangile à toutes les créatures” (no 49).

Saint Paul avait compris que l’Évangile est destiné au monde entier, et pas seulement aux Juifs. Devant la résistance de ses compatriotes, Paul décide de se tourner vers les païens. C’était une décision difficile qui était lourde de conséquences. Mais Paul y a vu un appel de Dieu.

Quand Dieu ferme une porte, il en ouvre une autre. Dieu a ouvert aux païens la porte de foi.

Dernière chose qui retient mon attention, c’est que derrière l’action missionnaire de l’Église, il y a une main invisible, quelqu’un qui agit discrètement en arrière-plan. C’est l’Esprit-Saint.

Paul VI disait que “l’Esprit Saint est l’agent principal de l’évangélisation : c’est lui qui pousse chacun à annoncer l’Evangile et c’est lui qui dans le tréfonds des consciences fait accepter et comprendre la Parole du salut” (no 75).

C’est l’Esprit-Saint qui fait le gros du travail. On doit seulement éviter de lui faire obstacle le plus possible.

Heureusement, pour y arriver, Jésus nous donne la clé. Dans l’évangile, il nous rappelle qu’il faut être des témoins crédibles de l’Évangile.

La seule façon d’être crédible, c’est d’incarner l’Évangile dans nos vies, c’est d’accepter de travailler, de peiner et de lutter, au nom de Jésus. C’est un travail de longue haleine. Et on se demande parfois si on est sur le bon chemin.

Mais si nos lamentations se changent subitement en louanges, si nos gémissements deviennent tout à coup des cris de joie, c’est le signe que l’Évangile a laissé des traces dans nos vies, c’est le signe qu’il est devenu une réalité vivante, la matière première à partir de laquelle notre vie prend tout son sens.

Que ce soit la grâce que Dieu nous accorde aujourd’hui. »